(FRA) Balade Historique à Shau Kei Wan : 5 Histoires d'un Littoral Disparu et des Vieux Chantiers Navals de Hong Kong

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Itinéraire d'une journée à Hong Kong Shau Kei Wan
Itinéraire d'une journée à Hong Kong Shau Kei Wan

Ceci est un récit de voyage historique et un guide de marche spatiale à Shau Kei Wan, l'ancien "gosier stratégique" de l'île de Hong Kong. À travers cinq histoires de son littoral en mutation, il explore les temples de Tin Hau et Tam Kung, le quartier d'A Kung Ngam et des chantiers navals traditionnels pour révéler comment la foi des tailleurs de pierre Hakka, les traumatismes de la guerre et le déclin de l'économie bleue ont façonné cette communauté maritime résiliente.

Hong Kong Historical Travel Stories – Old Streets, Harbours & City Memories
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L'Orient de Victoria Harbour, au-delà des gratte-ciel

À l’extrémité orientale de l’île de Hong Kong se trouve Shau Kei Wan, littéralement la « baie du panier », un nom évocateur de sa topographie en forme de corbeille à riz. Bien avant que les tours de verre ne saturent l’horizon, ce quartier constituait le verrou stratégique du canal de Lei Yue Mun, la porte d’entrée naturelle de Victoria Harbour. Longtemps perçu comme une périphérie lointaine, Shau Kei Wan est pourtant le creuset où s’est forgée l’identité de la colonie, à la confluence de deux mondes : celui des pêcheurs Tanka habitant les flots et celui des tailleurs de pierre Hakka exploitant les collines. Comprendre Shau Kei Wan, c’est observer la métamorphose d’un archipel de « proto-colonies » en une métropole globale. Ici, l’histoire n’est pas confinée dans des vitrines de musées ; elle est gravée dans le relief côtier et le tracé sinueux des rues qui ont résisté, couche après couche, à l’effacement urbain.

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Le Granit et la Foi : L’Héritage des Tailleurs de Pierre Hakka à A Kung Ngam

Au milieu du XIXe siècle, l'édification de la « Victoria City » coloniale exigeait des matériaux d'une solidité à toute épreuve. Le granit de haute qualité, abondant sur les rives d'A Kung Ngam, devint le socle physique de la cité naissante. Cette ressource attira une main-d'œuvre spécialisée : les tailleurs de pierre Hakka, venus principalement de Huizhou et de Meizhou.

L'origine du nom « A Kung Ngam » (le rocher du grand-père) fait encore l'objet de débats passionnants parmi les historiens. Si certains chercheurs, à l'instar de James Hayes, suggèrent que « A Kung » pourrait désigner un ancêtre Hakka respecté ayant ouvert la carrière, la tradition locale y voit une déférence envers Tam Kung. Dans les conditions précaires des carrières, les ouvriers cherchaient la protection de cette divinité enfantine, capable de prédire la météo.

Cette fusion religieuse témoigne de la plasticité des réseaux d’immigrants : en arrivant sur les côtes, Tam Kung — initialement un dieu montagnard protecteur contre les tigres — s'est transfiguré en une puissance maritime apaisant les typhons. Devant le temple de Tam Kung, fondé en 1905, on peut encore observer le « Sceau de Tam Kung », une pierre massive qui scelle l'alliance entre le labeur industriel des mineurs et leur dévotion spirituelle.

Le Granit et la Foi : L’Héritage des Tailleurs de Pierre Hakka à A Kung Ngam
Le Granit et la Foi : L’Héritage des Tailleurs de Pierre Hakka à A Kung Ngam

Entre Canons et Prières : L'Explosion de 1946 et la Résilience du Temple de Tin Hau

L’histoire de Shau Kei Wan est marquée par un paradoxe spatial saisissant : la cohabitation forcée entre les espaces sacrés et la logistique militaire impériale. Le temple de Tin Hau, érigé en 1845, s’est retrouvé voisin des dépôts de munitions britanniques creusés dans les collines.

La résilience de ce temple s'est forgée dans les catastrophes. Déjà en 1874, lors du terrible typhon de l'année Jiaxu, l'édifice fut presque totalement balayé. Sa reconstruction en 1876, menée par le notable Pan Li-ge (潘藜閣), introduisit les magnifiques céramiques de Shiwan que l'on admire encore aujourd'hui. Mais l'épreuve la plus violente survint le 21 mars 1946. Une explosion monumentale au dépôt de munitions d'A Kung Ngam ravagea Shau Kei Wan Main Street East, projetant des débris qui détruisirent le temple. Fait rare dans les annales coloniales, la pression de la communauté locale et du Comité des Temples Chinois contraignit l'armée britannique à financer les réparations, achevées en 1948.

Perspectives divergentes : Alors que les archives militaires britanniques attribuent l'arrêt des incendies à un changement de vent et à l'efficacité des remblais de protection (blast bunds), la mémoire collective préfère le miracle. On raconte que les flammes, sur le point de dévorer les stocks de kérosène de la rue principale, s'éteignirent d'elles-mêmes devant le seuil des temples.

Cette victoire civile illustre un moment où le pouvoir colonial a dû céder devant la force symbolique du patrimoine pour maintenir l'ordre social d'après-guerre.

Entre Canons et Prières : L'Explosion de 1946 et la Résilience du Temple de Tin Hau
Entre Canons et Prières : L'Explosion de 1946 et la Résilience du Temple de Tin Hau

Le Sanctuaire Transfiguré : Le Temple de Tam Kung comme Poste de Commandement (1941)

La Seconde Guerre mondiale a brutalement désacralisé le quotidien du quartier. Le 18 décembre 1941, lors de l'invasion de l'île, les forces japonaises du 229e régiment choisirent les rives de Tam Kung comme point de débarquement, profitant de la fumée des dépôts de pétrole en feu pour masquer leur traversée.

Une fois à terre, les soldats s'emparèrent du temple de Tam Kung, le transformant en quartier général temporaire. La statue de la divinité locale fut déplacée pour laisser place à un Bouddha japonais apporté par les troupes. Cette transformation illustre la violence de la « guerre totale » sur les marges urbaines. Une légende persiste : après la reddition, la statue de Bouddha fut retrouvée abandonnée dans les jardinières de l'ancienne école de village, aujourd'hui occupée par la Hong Kong Art School, marquant la volonté de la communauté d'effacer les traces de l'occupation.

Le Sanctuaire Transfiguré : Le Temple de Tam Kung comme Poste de Commandement (1941)
Le Sanctuaire Transfiguré : Le Temple de Tam Kung comme Poste de Commandement (1941)

L'Élimination du "Symbiotisme" : Le Grand Incendie de 1976 et la Fin d'Aldrich Bay

Jusqu'aux années 1970, Aldrich Bay était le cœur d'une communauté solidaire de réfugiés et de pêcheurs vivant dans un entrelacement dense de cabanes sur pilotis et de jonques. Le 1er février 1976, un incendie de niveau 5 mit brutalement fin à ce mode de vie.

Caractéristiques

Avant 1976 (Aldrich Bay)

Après 1980 (Reconstruction)

Structure sociale

Communauté flottante et bidonvilles denses

Résidents de logements sociaux (HOS/Public Housing)

Configuration spatiale

Symbiose eau/terre, ruelles étroites

Remblaiement massif, gratte-ciel (Oi Tung Estate)

Infrastructures

Absence de services publics, risque incendie

MTR, East Island Corridor, parcs aménagés

Économie

Pêche artisanale et chantiers navals

Consommation de loisirs et services urbains

Officiellement attribué à un accident de réchaud à kérosène, cet incendie alimente encore une « théorie du complot structurel » chez les anciens résidents. Pour beaucoup, le feu a servi de catalyseur de nettoyage spatial, permettant au gouvernement d'évincer les populations précaires pour lancer les grands projets de remblaiement et imposer une discipline urbaine moderne.

L'Élimination du "Symbiotisme" : Le Grand Incendie de 1976 et la Fin d'Aldrich Bay
L'Élimination du "Symbiotisme" : Le Grand Incendie de 1976 et la Fin d'Aldrich Bay

Le Crépuscule de l'Économie Bleue : Le Chantier Naval Pui Kee et l'Agonie du Bois

L’histoire du chantier naval Pui Kee résume la lente éviction de l’économie maritime artisanale. Fondé dans les années 1950, ce chantier atteignit son apogée en 1980 avec la construction du Keying II, une réplique de jonque impériale pour Sir Y.K. Pao. Fait remarquable : le navire fut bâti sans aucun plan occidental, reposant exclusivement sur la mémoire et le savoir-faire transmis oralement par les maîtres charpentiers.

Cependant, la spéculation immobilière a poussé Pui Kee vers la sortie. Expulsé successivement par les remblaiements de Po Man Street et Nam An Street, il est aujourd'hui confiné à A Kung Ngam. Ce passage d'une ville « orientée vers la mer », où le front de mer était un espace de production, à une ville « orientée vers la terre », où le littoral est consommé comme un paysage de loisirs, signe la victoire définitive du béton sur l'écume.

Le Crépuscule de l'Économie Bleue : Le Chantier Naval Pui Kee et l'Agonie du Bois
Le Crépuscule de l'Économie Bleue : Le Chantier Naval Pui Kee et l'Agonie du Bois

Marcher dans l'Épaisseur du Temps : Recommandations de Parcours

Pour ressentir ces couches d'histoire, commencez votre promenade par Shau Kei Wan Main Street East. Observez le temple de Tin Hau : il semble « enfoncé » par rapport au niveau de la rue. Ce dénivelé est la preuve matérielle des remblaiements successifs qui ont exhaussé le sol urbain tout autour du bâtiment.

Après avoir quitté l'odeur iodée du marché, laissez-vous guider vers le calme d'A Kung Ngam.

Le Trésor Caché : Au bout d'A Kung Ngam Village Road, cherchez le portail en fer et les plaques métalliques du chantier naval Pui Kee. On peut encore y voir, griffonnés à la main, des croquis de navires et des calculs techniques. C'est l'un des derniers endroits où l'on peut encore humer l'odeur du bois de teck et de l'huile moteur, ultime vestige d'une époque où Hong Kong vivait encore au rythme de la charpenterie navale.

Conclusion Philosophique : La Ville comme Palimpseste

Shau Kei Wan nous enseigne que la ville est un palimpseste : un parchemin que l'on gratte pour réécrire, mais où les anciennes écritures finissent toujours par transparaître. De la foi des tailleurs de pierre Hakka aux cicatrices des explosions coloniales, ce quartier est une leçon de persévérance.

Comprendre Hong Kong exige de ne pas s'arrêter aux sommets des gratte-ciel, mais de regarder ce qui survit à leurs pieds. Que perdons-nous lorsque l'horizon maritime est remplacé par une muraille de béton ? Shau Kei Wan nous rappelle que sous le bitume, il y a toujours le rocher et le souvenir d'une ville qui, autrefois, regardait vers le grand large.

Informations Pratiques et Accès

  • Accès : MTR Ligne Island, station Shau Kei Wan (Sortie B1). La sortie mène directement sur Main Street East.
  • Visites complémentaires : Le Musée de la défense côtière de Hong Kong, situé à 10 minutes de marche, complète la perspective militaire sur le canal de Lei Yue Mun.
  • Restauration : Main Street East est renommée pour ses échoppes de cuisine de rue traditionnelle (boulettes de poisson, gaufres aux œufs) qui perpétuent l'ambiance des anciens marchés du quartier.

Q & A

Quel fut l'impact de l'occupation japonaise sur les temples locaux ?

L'occupation japonaise, débutant en décembre 1941, a eu un impact profond et violent sur les temples de Shau Kei Wan, les transformant d'espaces sacrés en points stratégiques militaires et en terrains de confrontation culturelle.Voici les principaux impacts documentés dans les sources :

1. Transformation en poste de commandement militaire

En raison de sa situation géographique face à la montagne du Diable (Devil's Peak) et à l'entrée la plus étroite du port de Victoria, Shau Kei Wan est devenu le front pionnier de l'invasion japonaise sur l'île de Hong Kong.

  • Saisie du temple de Tam Kung : Le 18 décembre 1941, le 229e régiment de l'armée japonaise a débarqué sur la côte d'A Kung Ngam. Ils ont immédiatement réquisitionné le temple de Tam Kung, alors vide, pour en faire leur « poste de commandement temporaire de première ligne ».
  • Point de départ des offensives : C'est depuis ce temple que les troupes japonaises ont lancé leurs assauts contre les fortifications de Lei Yue Mun et du mont Parker, entraînant l'effondrement des défenses de l'est de l'île.

2. Profanation et substitution religieuse

L'occupation a entraîné une forme de « traduction violente » de l'espace sacré pour servir l'idéologie impériale :

  • Remplacement de la divinité : Les soldats japonais ont enlevé la statue de Tam Kung du temple pour la remplacer par une statue de Bouddha japonaise qu'ils transportaient avec eux pour leurs propres rites et protection.
  • Désacralisation : Cet acte a transformé un espace religieux civil en un espace de violence militaire, illustrant l'impact de la « guerre totale » sur le paysage quotidien de la colonie.

3. Résilience et maintien de la communauté (1944)

Malgré la répression, les sources révèlent une tentative de la communauté locale de maintenir ses traditions sous le contrôle militaire :

  • La stèle de 1944 : Le temple de Tam Kung abrite aujourd'hui une stèle de rénovation datant de 1944, une archive matérielle extrêmement rare de la période de l'occupation japonaise.
  • Retour à la gestion chinoise : La présence de cette stèle prouve qu'au milieu de la période d'occupation, le temple a été progressivement restitué à la société chinoise et a réussi à fonctionner malgré des conditions matérielles extrêmement difficiles.

4. Mémoire d'après-guerre et « nettoyage » culturel

L'impact de l'occupation s'est prolongé après 1945 par un effort collectif pour effacer les traces de l'agression :

  • Restauration de l'ordre local : Après la capitulation du Japon, les habitants ont réinstallé la statue de Tam Kung.
  • Légende de la statue abandonnée : Selon l'histoire orale, la statue de Bouddha laissée par les Japonais aurait été jetée dans un massif de fleurs à proximité (sur le site actuel de l'École des Arts de Hong Kong). Bien que non confirmée par des archives officielles, cette légende reflète la volonté psychologique des résidents de balayer les traces de l'invasion et de reconstruire leur identité religieuse.

En résumé, l'occupation japonaise a brutalement interrompu la fonction spirituelle des temples pour les intégrer à la logistique impériale, mais elle a également souligné la ténacité de la communauté locale à préserver son patrimoine au cœur du conflit.

Comment l'explosion de 1946 a-t-elle affecté les temples ?

L'explosion du 21 mars 1946 a eu un impact dévastateur et paradoxal sur les temples de Shau Kei Wan, mêlant destruction physique, négociations politiques inédites et renforcement des croyances locales.

Voici comment cet événement a affecté les temples :

1. Destruction physique du temple de Tin Hau

L'explosion s'est produite au dépôt de munitions de l'armée britannique situé sur la colline derrière le temple. L'onde de choc massive, accompagnée de projections de pierres et de flammes, a balayé Shau Kei Wan Main Street East. Le temple de Tin Hau (construit en 1845) a été le plus durement touché : sa structure principale a été gravement endommagée par les vibrations et les débris.

2. Un levier de négociation politique sans précédent

L'un des impacts les plus significatifs fut diplomatique. Pour l'une des rares fois dans l'histoire coloniale de Hong Kong, la communauté chinoise (le Comité des temples chinois et les organisations de quartier) a utilisé les dommages subis par le temple pour négocier avec les autorités militaires britanniques. Ces pressions ont forcé l'armée à verser des fonds spéciaux de compensation, ce qui a permis la reconstruction complète du temple de Tin Hau en 1948,. Cet événement a marqué un tournant où le gouvernement colonial a dû faire preuve de compromis face à l'opinion publique chinoise après la guerre.

3. La naissance d'un récit de « protection divine »

Malgré les dégâts, l'explosion a renforcé la foi des habitants à travers une interprétation spirituelle du désastre :

  • Le miracle des flammes : La mémoire locale insiste sur le fait que l'incendie, qui se dirigeait vers un magasin de kérosène, s'est miraculeusement arrêté juste avant d'atteindre les temples de Tam Kung et de Tin Hau.
  • Résilience culturelle : Alors que les archives militaires britanniques attribuent l'arrêt du feu à un changement de direction du vent et à des remparts physiques, les habitants y ont vu une intervention divine. Ce récit a aidé la communauté à traiter le traumatisme collectif lié à cet accident militaire.

4. Traces matérielles actuelles

Aujourd'hui encore, le temple de Tin Hau conserve les preuves de cet événement. À l'intérieur, on trouve des enregistrements matériels des dons effectués par l'armée et par les notables locaux pour la reconstruction de 1948. De plus, en raison des travaux de reconstruction et de l'aménagement urbain qui ont suivi, le temple se trouve aujourd'hui à un niveau inférieur à la route moderne, créant un paysage « encaissé » qui témoigne de ces transformations historiques successives.

Références et suite de la lecture

  1. Shau Kei Wan - accessed May 21, 2026, 
  2. 消失的漁村 - 香港記憶, accessed May 21, 2026, 
  3. 佬文青的世界|「英雄被困筲箕灣,不知何日到中環」——400年筲箕灣今昔「等閒」的老百姓和「不等閒」的將軍石 - 橙新聞, accessed May 21, 2026, 
  4. 阿公岩- accessed May 21, 2026, 
  5. 筲箕灣譚公廟 - 華人廟宇委員會, accessed May 21, 2026, 
  6. 筲箕灣五級火毀過千木屋愛秩序灣填海建新家園| 飛凡香港, accessed May 21, 2026, 
  7. Patrick H. Hase: Villages and Market Towns in Hong Kong: Settlement and History (Royal Asiatic Society Hong Kong Studies Series.) Hong Kong: Chinese University of Hong Kong Press, 2024. ISBN 978 9 882 37317 4. | Bulletin of SOAS | Cambridge Core, accessed May 21, 2026, 
  8. Exportation of Hong Kong Granite to the Pacific Rim in the 19th and 20th Century, accessed May 21, 2026, 
  9. 筲箕灣譚公廟- accessed May 21, 2026, 
  10. 譚公誕 - 香港非物質文化遺產資料庫, accessed May 21, 2026, 
  11. A Kung Ngam - accessed May 21, 2026, 
  12. 筲箕灣歷史古蹟之旅, accessed May 21, 2026, 
  13. 赤柱天后廟 - 福山堂, accessed May 21, 2026, 
  14. 香港攻防戰 - accessed May 21, 2026, 
  15. 筲箕灣天后古廟 - 華人廟宇委員會, accessed May 21, 2026, 
  16. Vol. 10 (1970 ) - Hong Kong Journals Online, accessed May 21, 2026, 
  17. 香港保衛戰- accessed May 21, 2026, 
  18. INDEX TO THE JOURNAL OF THE HONG KONG BRANCH OF THE ROYAL ASIATIC SOCIETY - Squarespace, accessed May 21, 2026, 
  19. 石硤尾 - 香港巴士大典- Fandom, accessed May 21, 2026, 
  20. 筲箕灣老船廠屹立逾70年!由打造包玉剛長征英國木帆船「耆英二號」至維修街渡,見證香港造船業榮衰| 尋‧情‧味- 美食- 生活 - ETNet, accessed May 21, 2026, 
  21. 培記船廠– 筲箕灣 - 香港老舖記錄冊, accessed May 21, 2026, 
  22. HONG KONG PUBLIC AND SQUATTER HOUSING, accessed May 21, 2026, 
  23. British Colonial Rule over Littoral Space and Watercraft in Hong Kong, 1841–1898, accessed May 21, 2026, 
  24. Journal of the Hong Kong Branch of the Royal Asiatic Society - Google Books, accessed May 21, 2026

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