(FRA) Randonnée Historique à Tai Tam : 5 Frontières Oubliées d'Eau, de Guerre et de Richesse à Hong Kong
Découvrez le côté le plus profond de Tai Tam, Hong Kong. Ce guide de randonnée historique va au-delà des paysages pour révéler quatre frontières oubliées : mythes coloniaux, village hakka englouti, abris de la Seconde Guerre mondiale et contradictions de la conservation moderne.
Ceci est un récit de voyage historique et un guide de randonnée à Tai Tam, une région de réservoirs emblématique sur l'île de Hong Kong. Bien au-delà de sa réputation de simple "jardin secret" du week-end, ce guide explore un musée à ciel ouvert à travers quatre frontières historiques. Au fil de la vallée, nous découvrirons les mythes coloniaux du relief d'Ah Kwan, les vestiges d'un village hakka submergé sous les eaux, les bunkers de la Seconde Guerre Mondiale et les tensions environnementales de la modernité.
Pierre Nora distinguait l'histoire — ce qui s'est produit, reconstitué par la méthode critique — de la mémoire, qui n'est jamais qu'une reconstruction sélective, toujours actuelle, toujours intéressée. Un lieu de mémoire, selon lui, n'est pas un simple vestige : c'est un point où une société a choisi de faire cristalliser un récit, en sachant — consciemment ou non — que sans ce cristal, le souvenir se dissoudrait.
Tai Tam, sur l'île de Hong Kong, est rarement présenté en ces termes. On y vient pour les arches de granit du barrage, pour l'eau verte qui reflète la forêt, pour la promesse d'un « Hong Kong secret » loin des gratte-ciel — une rhétorique touristique qui traite le lieu comme un simple paysage, c'est-à-dire comme une surface sans profondeur historique. Mais une vallée qui a porté, en l'espace de moins de deux siècles, un mythe fondateur colonial, un village englouti, un champ de bataille impérial et une enclave immobilière privée à l'intérieur d'un parc protégé, n'est pas un paysage. C'est un palimpseste de lieux de mémoire superposés, dont chacun a été gravé par une autorité différente, pour des raisons différentes, sans le moindre dialogue avec les strates qui l'avaient précédé.
Ce texte propose de lire quatre de ces strates l'une après l'autre — non pas comme une simple chronologie, mais comme quatre exemples distincts de la manière dont une société coloniale, puis postcoloniale, fabrique, efface et recompose sa mémoire territoriale.
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I. La légende comme fabrique d'origine
Le long du sentier qui borde le réservoir intermédiaire de Tai Tam se dresse une borne de granit, à demi cachée par la végétation, portant trois caractères chinois : Kwun Tai Lo — « la route que Kwun a guidée ». La plupart des guides de randonnée la mentionnent en une phrase, entre l'indication du prochain parking et le rappel d'emporter de l'eau. Elle mérite pourtant un examen plus attentif, car elle est, au sens propre, le point où le récit fondateur officiel de Hong Kong a été gravé dans la pierre — un récit que l'historiographie a depuis méthodiquement remis en question.
Selon la légende, lorsque les troupes britanniques débarquèrent sur l'île de Hong Kong en 1841, elles furent guidées à travers les collines, depuis Stanley jusqu'au site de la future Victoria City, par une femme du peuple tanka — les « gens de l'eau » — nommée Chan Kwun, « Ah Kwun ». Lorsque les soldats lui demandèrent le nom d'un village qu'ils traversaient, elle aurait répondu dans son accent tanka, et les Britanniques auraient transcrit ce qu'ils entendirent par « Hong Kong ». C'est l'une des explications concurrentes de l'origine du nom du territoire, et incontestablement la plus romanesque.
Toute colonie a besoin d'un récit d'origine qu'elle puisse habiter sans malaise. Une guide providentielle qui surgit pour mener les soldats à bon port est un mythe bien plus confortable que son alternative : une carte d'état-major et une garnison armée, sans aucune guide.
En 1846, le gouvernement colonial fit construire une route suivant ce tracé légendaire, reliant Victoria City à Stanley, et planta tout le long des bornes de granit indiquant la distance en milles anglais et en li chinois. Celle de Tai Tam n'a jamais été déplacée de son emplacement d'origine, ce qui en fait l'une des deux seules bornes de ce type encore connues (l'autre fut exhumée en 1967 du mur d'une maison de pierre à Aberdeen, et repose aujourd'hui sous vitrine au Musée d'Histoire de Hong Kong). Voici le détail qui devrait nous arrêter : dès 1843, une image d'« Ah Kwun guidant le chemin » figurait sur le sceau officiel de la colonie. En 1876, elle apparut sur le drapeau colonial, où elle demeura jusqu'en 1959, date à laquelle elle fut remplacée par l'écu héraldique aujourd'hui associé au vieux Hong Kong. La même image fut ensuite reproduite sur le billet colonial de dix dollars.
Une légende populaire d'auteur incertain, mettant en scène une femme dont aucun document d'archive ne confirme l'existence, s'est ainsi transformée en iconographie d'État pendant plus d'un siècle.
L'historien hongkongais Leung To proposa une explication plus prosaïque : le nom de la route aurait d'abord désigné un « chemin en cordon de jupe », décrivant la manière dont le sentier serpentait à flanc de colline comme le cordon d'une jupe — une expression corrompue, par la suite, en un nom à consonance patronymique. Pour compliquer encore le tableau, les recensements de 1841 mentionnent un petit hameau de pêcheurs d'une cinquantaine d'âmes près de l'actuel Causeway Bay, portant un nom presque identique, sans aucun rapport avec la route de montagne. Deux toponymies distinctes, deux explications populaires distinctes, fondues avec le temps en un seul mythe fondateur, lisse et présentable.
Rien de cela ne prouve que Chan Kwun n'ait pas existé. Cela prouve que nous l'ignorons — et que ceux qui l'ont hissée au rang d'emblème national ne semblaient guère pressés de le vérifier. Ce que l'on peut authentifier, c'est la route et la borne ; ce que l'on ne peut authentifier, c'est la femme qui lui aurait donné son nom — et cet écart entre l'infrastructure vérifiable et la biographie invérifiable est, à l'échelle d'une vallée, le procédé même par lequel se fabriquent la plupart des mythes fondateurs coloniaux.
Trésor caché : la borne de Tai Tam est la seule de son espèce encore visible à son emplacement d'origine dans tout Hong Kong — un fait que presque aucun guide de randonnée ne signale, une pierre immobile se vendant mal à côté d'une cascade.

II. Le village sous le déversoir
Tout récit consacré au réservoir de Tai Tam raconte la même histoire d'ingénierie, et il faut admettre qu'elle est belle : un chantier de trente-cinq ans, de 1883 à 1918, qui produisit ce que l'on appela « le premier grand barrage d'Asie ». Les ingénieurs voulaient initialement bâtir le barrage principal directement à l'embouchure de la baie de Tai Tam, ce qui en aurait fait le premier réservoir d'Asie construit en partie sur la mer ouverte — cinquante ans avant que Plover Cove ne tente une entreprise comparable. Les vagues rendirent ce projet irréalisable ; l'ouvrage se replia donc vers l'intérieur des terres et fut élevé au double de sa hauteur prévue pour compenser la capacité perdue. L'ingénieur en chef, Daniel Jaffe, mourut trois ans après l'achèvement du barrage en 1918 ; la rue Jaffe Road, à Wan Chai, porte toujours son nom.
C'est une histoire que les ingénieurs racontent bien, parce que c'est une histoire d'ingénieurs.
Ce qu'elle passe sous silence, c'est ce qui occupait ce même site avant le début des travaux : un village hakka, fondé à la fin du XVIIIe siècle par des colons venus de Meizhou et de Wuhua, dans la province du Guangdong, et nommé Tai Tam Tuk. Selon le recensement de 1911, il comptait 52 hommes et 24 femmes, dont les trois quarts portaient le patronyme Chung — un établissement à lignage unique, doté d'un temple ancestral, d'un temple dédié à Tin Hau, et d'un pont de bois. Lorsque débuta, en 1912, la construction du réservoir inférieur, le village dut être intégralement évacué. C'était la première fois, dans l'histoire de Hong Kong, qu'un projet de réservoir exigeait l'engloutissement complet d'une communauté installée, et non la simple expropriation de terres agricoles.
Les rapports d'ingénierie consignent le tonnage de béton jusqu'à la décimale. Ils sont beaucoup moins précis sur le sort de ceux qui se trouvaient sur le chemin de ce béton.
Les archives gouvernementales mentionnent une dépense d'environ 5 800 dollars de Hong Kong pour la réinstallation des villageois, dont la majorité se relogea à Chai Wan. Cette somme était-elle suffisante ? Le relogement fut-il réellement volontaire ? Les documents subsistants n'apportent pas de réponse claire — la correspondance originale entre le bureau de district et les familles concernées, si elle existe encore intégralement, n'a pas été publiée de manière exhaustive, et demeure une véritable lacune historique, non une question déjà tranchée.
Ce que nous possédons est plus récent, et plus matériel. Depuis 2012, une équipe dirigée par le docteur Calvin Pang, de l'Université de Hong Kong, mène des relevés subaquatiques dans le lit du réservoir, où elle a localisé ce qui pourrait être les vestiges de piliers d'un pont de pierre et un tronc de banian remarquablement intact, ainsi que des bouteilles de soda à fond conique, des récipients de pâte d'opium et des bocaux de sauce soja — les traces de la vie quotidienne des ouvriers du chantier, et peut-être des villageois déplacés eux-mêmes. Les maisons, en revanche, n'ont jamais été localisées. L'hypothèse de travail est que les structures de torchis se sont simplement dissoutes après un siècle sous l'eau. Une peinture datée de 1859, antérieure à la construction, montre le versant et le village encore intacts — le seul témoignage visuel de ce à quoi ressemblait la vallée avant de devenir un réservoir.
Ce qui dérange véritablement, dans cette histoire, n'est pas qu'un village ait été inondé — des villages ont été déplacés par des ouvrages d'infrastructure partout dans le monde, et pas toujours injustement. Ce qui dérange, c'est la minceur de la trace documentaire : comment la disparition d'une communauté a-t-elle laissé moins de papiers que les spécifications techniques du déversoir, et pourquoi la reconstitution, même partielle, de cette disparition exige-t-elle aujourd'hui des plongeurs et des historiens de l'oral plutôt que des archivistes — comme si l'archive elle-même n'avait guère remarqué leur absence.
Trésor caché : disséminés dans le bassin de captage du réservoir, plusieurs caissons d'exploration en briques — des puits creusés à la main pour tester la roche avant les travaux, normalement démolis une fois le chantier achevé. Ceux-ci, pour des raisons que personne n'a jamais pleinement expliquées, ont été laissés debout. Ils constituent, d'une certaine manière, le seul chantier inachevé que les ingénieurs aient laissé visible en surface.

III. Le bunker jamais attaqué
Dans la nuit du 18 décembre 1941, les forces japonaises débarquèrent le long du littoral de North Point et de Quarry Bay et progressèrent vers l'intérieur, dans l'intention de couper la Brigade de l'Est des défenseurs britanniques de la Brigade de l'Ouest, avant que l'une ou l'autre ne puisse se réorganiser. Tai Tam se trouvait précisément sur cette ligne de rupture prévue.
Les troupes qui défendaient ce versant constituaient, sur le papier, un échantillon réduit de l'Empire britannique : les Winnipeg Grenadiers et les Royal Rifles of Canada, le régiment Rajput 5/7 de l'armée britannique des Indes, le régiment Middlesex, ainsi que le Corps de Défense Volontaire de Hong Kong — une force recrutée localement parmi les résidents britanniques, portugais, juifs, eurasiens et chinois de la colonie. Le 19 décembre, sur le mont Butler, à vue du réservoir, le sergent-major de compagnie John Osborn, des Winnipeg Grenadiers, renvoya plusieurs grenades japonaises pour protéger les hommes autour de lui, puis, n'ayant plus le temps d'en relancer une dernière, se jeta sur elle de tout son corps. Il mourut sur le coup et reçut, à titre posthume, la Croix de Victoria. La bataille du même jour, au défilé de Wong Nai Chung, est généralement considérée comme la journée la plus meurtrière de toute la campagne, avec des pertes combinées dépassant le millier d'hommes.
Le bunker de Tai Tam Gap ne fut jamais pris d'assaut. Il fut simplement abandonné, dans l'intervalle qui s'ouvrit entre un ordre et le silence qui lui succéda.
Le poste de commandement de la Brigade de l'Est — un bunker souterrain situé à Tai Tam Gap, construit dans les années 1930 comme salle de conduite de tir de la forteresse — ne subit jamais d'attaque directe. Les communications avaient déjà cessé lorsque parvint la nouvelle de la chute du quartier général de la Brigade de l'Ouest à Wong Nai Chung Gap ; la Brigade de l'Est se retira vers Stanley, et le bunker resta debout, vide, son béton intact, faute désormais de bataille à diriger depuis son enceinte.
Il serait tentant de réduire cet épisode à l'une de deux figures convenues : la résistance héroïque, ou l'effondrement colonial inévitable. Les deux occultent une question plus précise, et plus intéressante : qui, exactement, fut sommé de mourir pour Hong Kong, et pourquoi ? La « Force C » canadienne se composait en grande partie de soldats sans expérience réelle du combat, envoyés en partie comme un geste politique de solidarité impériale. La présence de l'armée indienne reflétait des décennies de dépendance britannique à l'égard de troupes sud-asiatiques pour garnir des territoires que la métropole n'entendait nullement confier à ses propres citoyens. La composition multiethnique du Corps de Défense Volontaire offrait un instantané précis de la stratification sociale de la colonie, réorganisée — brièvement, dans l'urgence — sous une chaîne de commandement unique. Après la guerre, les anciens combattants canadiens passèrent des décennies à négocier avec leur propre gouvernement le traitement et l'indemnisation des prisonniers de guerre de Hong Kong — un différend qui survécut à la plupart des hommes ayant combattu sur cette colline. Ce qui demeure enseveli dans ce versant n'est pas seulement une bataille. C'est une dette impériale non résolue, dont certaines formes se discutent encore aujourd'hui.
Trésor caché : le parc naturel conserve encore, dispersés dans la végétation, des casemates, des dépôts de munitions et d'anciennes cuisines de campagne, sans aucun panonceau pour les identifier, plusieurs conservant leur plafond de béton antiaérien intact. La plupart des promeneurs passent à côté en les prenant pour de simples ouvrages de drainage.

IV. La résidence à l'intérieur de l'enclos
En 1976, le gouvernement colonial fit adopter l'Ordonnance sur les parcs naturels, et l'année suivante désigna Tai Tam comme l'un des cinq premiers parcs naturels légalement protégés de Hong Kong — un véritable tournant dans la gestion du territoire colonial, qui s'écartait de la logique antérieure, fondée sur l'extraction des ressources (captage d'eau, usage militaire), pour s'orienter vers quelque chose de plus proche d'une conservation à vocation publique.
En 1981, un homme d'affaires nommé Wong Chau-shuen, associé à une banque, entreprit la construction d'un ensemble résidentiel de luxe — Hong Kong Parkview — sur un terrain situé entre Jardine's Lookout et Violet Hill, entouré sur trois côtés par le parc naturel de Tai Tam nouvellement désigné, et bordé sur le quatrième côté par le parc du réservoir de Wong Nai Chung. Dix-huit tours, achevées par étapes entre 1988 et 1989, s'élèvent à près de 300 mètres d'altitude, ce qui en fait l'un des ensembles résidentiels les plus élevés de Hong Kong.
Une limite de conservation tracée sur une carte n'équivaut pas à une limite de conservation inscrite dans un titre de propriété. La carte peut être parfaitement continue. La propriété qui se trouve dessous, presque jamais.
Ce que la documentation publique n'établit pas clairement, c'est l'ordre exact des événements : la concession foncière a-t-elle précédé la désignation du parc, laissant ainsi subsister une propriété privée à l'intérieur d'un territoire devenu protégé par la suite ? Ou bien un autre mécanisme d'urbanisme a-t-il permis cette construction après coup ? Cette distinction importe considérablement pour la lecture du cas, et c'est précisément le type de détail qui mériterait un examen sérieux des archives du Lands Department et de la Commission de planification urbaine, plutôt qu'une affirmation tranchée dans un sens ou dans l'autre.
Ce qui est en revanche établi, c'est la forme du résultat : un terrain techniquement exclu de la protection légale d'un parc naturel, mais situé presque entièrement à l'intérieur de son périmètre physique, occupé par l'une des adresses les plus exclusives et les plus privées de Hong Kong. Le phénomène n'est pas propre à Hong Kong — le parc national de Yangmingshan, à Taïwan, connaît ses propres litiges anciens autour de terrains privés enclavés dans les limites du parc — ce qui suggère quelque chose de structurel plutôt que d'accidentel : la législation de conservation, presque partout, tend à respecter les titres de propriété préexistants plutôt qu'à les exproprier rétroactivement, ce qui signifie qu'une « zone protégée » sur une carte décrit souvent plus honnêtement un paysage qu'un régime de propriété.
Aujourd'hui, en parcourant le tronçon du Hong Kong Trail ou du Wilson Trail entre le parc du réservoir de Wong Nai Chung et le réservoir de Tai Tam, on chemine directement le long du périmètre de Parkview. D'un côté : une forêt secondaire protégée et une zone de captage publique. De l'autre : un club privé, une piscine, des postes de sécurité. La distance entre les deux mondes tient à la largeur d'une route.
Trésor caché : on ne peut pénétrer à l'intérieur de Parkview, mais la marche le long de son périmètre vaut le détour en elle-même — l'un des rares tronçons de Hong Kong où deux logiques d'usage du sol radicalement opposées, la conservation publique et le capital privé, se côtoient épaule contre épaule, sans la moindre zone tampon entre elles.

V. Ce que le déversoir ne dit pas
Revenons au point de départ : debout sur le barrage, photographiant le déversoir.
Vous savez désormais que l'eau, sous vos pieds, recouvre un village hakka disparu, dont le temple ancestral et le sanctuaire de Tin Hau n'ont jamais été déplacés, seulement engloutis. Quelques minutes plus au sud, une borne de granit commémore en silence une légende devenue iconographie d'État avant que quiconque ne se demande sérieusement si son héroïne avait existé. Une montée sur le mont Butler vous mène près de l'endroit où un sergent-major canadien mourut en protégeant des hommes qu'il connaissait depuis quelques mois à peine, défendant une colonie qui capitulerait six jours plus tard. Et le chemin de sortie du réservoir longe la clôture d'une résidence privée installée à l'intérieur d'une limite de conservation publique qui, en théorie, aurait dû en rendre l'existence impossible.
Aucune de ces quatre strates n'avait connaissance des autres au moment où elle s'est déposée. Les ingénieurs qui ont inondé la vallée ne songeaient pas à commémorer le village qu'ils effaçaient. Les fonctionnaires coloniaux qui ont placé une légende populaire sur le drapeau n'anticipaient pas que des historiens, plusieurs générations plus tard, en remettraient la prémisse en question. Les soldats morts sur le mont Butler n'avaient aucun moyen de savoir qu'un ensemble résidentiel de luxe s'élèverait un jour près du lieu de leur dernier combat. Pourtant, les quatre strates occupent les mêmes cinq kilomètres carrés, et on les traverse toutes en une seule après-midi de marche, presque toujours sans s'en rendre compte.
C'est sans doute le sort de la plupart des paysages que l'on commercialise comme « vierges » ou « secrets » : cette virginité est elle-même un choix éditorial — une décision sur la strate du sédiment qu'on laisse à découvert, et celle qu'on laisse ensevelie. Tai Tam n'a rien d'exceptionnel à être stratifié. Ce qui l'est, en revanche, c'est la lisibilité persistante de ses strates, pour qui consent à lire au-delà de la carte postale.
La prochaine fois que vous vous tiendrez devant le mur du barrage, ne demandez peut-être pas si la vue est belle. Demandez ce qu'elle a remplacé.

Informations pratiques pour les visiteurs
Pour s'y rendre : Prenez le bus New World First 14 depuis Sai Wan Ho et descendez à l'arrêt « Tai Tam Reservoir (North) », en commençant au réservoir de Tai Tam Tuk avant de suivre le sentier du patrimoine hydraulique jusqu'au réservoir intermédiaire de Tai Tam. Depuis Central, vous pouvez aussi prendre le Citybus 6 ou le NWFB 66 et descendre à Wong Nai Chung Reservoir Park, puis longer Tai Tam Reservoir Road, le long du périmètre de Hong Kong Parkview, jusqu'à la zone du réservoir.
Itinéraire suggéré : Le sentier du patrimoine hydraulique de Tai Tam s'étend sur environ 5 kilomètres et se parcourt en deux heures environ, sur un terrain globalement plat, accessible aux marcheurs occasionnels. Pour visiter également la borne de Kwun Tai Lo et les vestiges de guerre près de Tai Tam Gap, prévoyez une demi-journée et des chaussures de marche adaptées.
Remarques pratiques : La baignade et toute activité susceptible de polluer l'eau sont interdites dans l'ensemble du bassin de captage, y compris les bassins aujourd'hui fermés en aval de la cascade de Tam Kong. Plusieurs bunkers de guerre présentent une détérioration structurelle notable : observez-les uniquement depuis l'extérieur, sans y pénétrer. Hong Kong Parkview est une propriété privée ; restez sur la voie périphérique publique et respectez la tranquillité des résidents.
Meilleure saison : De novembre à février, le climat sec et tempéré convient le mieux aux longues marches. Peu après la saison des pluies, les déversoirs du barrage de Tai Tam Tuk offrent leur spectacle le plus impressionnant, mais les sentiers peuvent devenir glissants : soyez vigilant à chaque pas.
Références et suite de la lecture
Première strate – Principales sources de littérature et institutions :
- 香港水務署(Water Supply Department, HKSAR)——〈大潭水務文物徑〉官方資料及《Milestones and Waterworks Monuments》歷史里程紀錄
- 古物古蹟辦事處/文物保育專員辦事處——大潭水塘群法定古蹟(2009年公告)官方說明
- 香港大學(新聞稿)——大潭篤水塘建成百年研究發布資料(建築學院房地產及建設系潘新華博士團隊)
- 香港大學新聞稿——〈大潭篤水塘落成一百周年 港大學者重塑當年「亞洲第一壩」建築面貌〉,含遷村賠償文獻紀錄之說明
- 香港大學圖書館——《人與水壩》大潭篤水塘百年歷史展覽文物紀錄
- 香港浸會大學圖書館——「香港保衛戰1941」數碼資料庫(黃泥涌峽戰役檔案)
- 加拿大退伍軍人事務部及香港退伍軍人協會(Hong Kong Veterans Commemorative Association)相關官方歷史紀錄(建議進一步查證其具體檔案文件)
- 香港歷史博物館——館藏「群帶路」花崗石里程碑(原立於石排灣道,1967年發現出土)之文物說明
- 發展局局長網誌(香港特別行政區政府)——大潭水務文物徑導覽紀錄,含水務署工程師對大潭水塘旁「群帶路」里程碑之說明
- 漁農自然保育署(AFCD)——大潭郊野公園及其鰂魚涌擴建部分之法定劃定公告及邊界資料
- 地政總署/城市規劃委員會——陽明山莊土地批租及規劃許可相關歷史檔案(建議進一步查證具體批租文件以核實土地行政程序)
La deuxième couche – les ressources académiques secondaires :
- 有關香港殖民地時期水務工程史與公共衛生政策關係之學術論著(建議查核香港大學建築學院、香港中文大學歷史系相關期刊論文,進一步查證原始檔案)
- 比較殖民地工程史研究(如大英帝國公共衛生與基建史相關專著),建議進一步查證原始檔案以確認具體比較文獻
- 許舒(James Hayes)有關香港島及新界鄉村社會史之研究著作與口述歷史訪談紀錄(許舒長期從事香港鄉村史與理民府制度研究,建議進一步查證其具體著作篇章以核實大潭篤村訪談內容)
- 潘新華(Calvin S.W. Pang)香港大學建築學院房地產及建設系——大潭篤水塘建築史與水底考古研究(建議查核其學術發表全文以核實考古細節)
- Tony Banham, Not the Slightest Chance: The Defence of Hong Kong, 1941(Hong Kong University Press)——香港保衛戰軍事史權威專著
- Oliver Lindsay, The Lasting Honour: The Fall of Hong Kong, 1941 ——英方視角之戰役史研究
- 梁濤有關香港地名考證及掌故研究之著作(建議進一步查證具體書目,如其香港地名考釋相關專著,以核實「裙帶路」訛轉說之原始論證)
- 1866年《新安縣全圖》及1874年桂文燦編《廣東圖說》(同治刊本)有關「群帶路」地理位置之歷史地圖文獻記載
- 香港郊野公園制度史相關研究(《郊野公園條例》立法背景及麥理浩時期保育政策研究),建議進一步查證香港大學或香港中文大學地理系、城市規劃學系相關學術論文
- 比較保育治理研究中有關「保護區內私有產權飛地」現象之文獻(如台灣陽明山國家公園私有土地爭議案例),可作跨地區比較參照
Troisième couche – Informations complémentaires :
- 香港中文報章對大潭篤水塘百年研究展覽(《人與水壩》展覽,香港大學圖書館,2018年)之報導,含工程細節與口述歷史線索
- 香港中文媒體報導(《香港01》、《經濟日報TOPick》)有關水底考古發現及口述歷史線索之長篇報導,記錄了潘新華團隊與許舒之研究互動細節
- Pillbox Study Group(英國軍事遺跡研究組織)有關黃泥涌峽及大潭峽防禦工事之田野考察紀錄
- 戰時及戰後媒體報導與退伍軍人口述歷史紀錄(建議進一步查證個別口述歷史檔案之原始出處)
- 香港歷史掌故網站及中文媒體(如「港識多史」)有關「阿群帶路」傳說多重版本之整理報導
- 1841年《中國叢報》(The Chinese Repository)港島人口紀錄中有關「裙大路」(東角漁村)人口數據之轉引報導,建議進一步查證原始期刊文獻
- 中文媒體及地產資訊網站有關陽明山莊發展商背景、建築規模及住戶構成之報導整理
- 行山及郊遊路線指南中有關陽明山莊與大潭郊野公園地理關係之描述性記錄

Ce texte s'appuie sur un dossier de recherche historique plus étendu, élaboré pour une couverture approfondie consacrée au voyage et à l'histoire. Plusieurs points, en particulier ceux relatifs à la période d'occupation japonaise, demeurent débattus dans la littérature savante, et le lecteur intéressé est invité à se reporter directement aux sources primaires.


