(FRA) Promenade à Kohoku – Sur les traces des cerisiers aux cinq couleurs d'Adachi

Découvrez l'histoire méconnue de Kohoku, berceau des légendaires cerisiers aux cinq couleurs de Tokyo. Entre génie civil sur l'Arakawa et sanctuaires paisibles, cette balade au cœur d'Adachi révèle l'âme d'un ancien village maraîcher devenu un quartier résidentiel chargé de mémoire.

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Itinéraire d'excursion d'une journée au village de Kohoku à Tokyo
Itinéraire d'excursion d'une journée au village de Kohoku à Tokyo

Ceci est un récit de voyage historique et un guide de promenade à Kohoku, dans l'arrondissement d'Adachi à Tokyo. En explorant les berges de la rivière Arakawa et des temples séculaires, ce récit dévoile l'origine des célèbres « cerisiers aux cinq couleurs » et l'impact des grands travaux fluviaux sur cet ancien village agricole. Les lecteurs découvriront comment l'urbanisation de Tokyo a transformé ce paysage tout en préservant des fragments précieux de son passé horticole.

Tokyo Historical Travel Stories: Castles, Old Towns & Legends
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Kōhoku-mura n’est pas seulement un nom sur une carte ancienne de l'actuel arrondissement d'Adachi ; c'est un palimpseste où se lit la mue spectaculaire du Japon. Autrefois enclave agricole prospère, façonnée par les caprices des fleuves Arakawa et Sumida, ce territoire incarne le microcosme parfait de la transition de Tokyo, passant de la « Cité de l'Eau » d'Edo à la métropole tentaculaire que nous connaissons. Ici, le paysage urbain n’est pas un bloc monolithique de béton, mais un assemblage de récits enfouis. En arpentant ses rues, on découvre que l'histoire ne s'est pas effacée ; elle s'est glissée dans les replis de la topographie, entre un sanctuaire de briques rouges et une digue autrefois couverte de fleurs. C'est une invitation à déchiffrer les cicatrices et les triomphes d'une terre qui a su préserver son identité face à l'uniformisation impériale. La marche devient alors un acte de voyage temporel, reliant la fluidité des courants passés à la solidité de la pierre moderne.

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La Résistance Botanique des Cerisiers aux Cinq Couleurs

À la fin du XIXe siècle, alors que le gouvernement de Meiji imposait la monoculture du cerisier Somei Yoshino — symbole de l'uniformisation impériale et de la croissance rapide — Kōhoku-mura choisit une voie plus subtile et plus rebelle. En 1886, sous l'impulsion du maire Shimizu Kengo et du savant horticole Takagi Magouemon, une initiative citoyenne vit le jour le long de la digue de l'Arakawa. Ils plantèrent plus de 3 000 arbres sur près de six kilomètres.

Ce n'était pas un simple embellissement, mais une forme de « résistance botanique ». En privilégiant les Sato-zakura (cerisiers de village) aux floraisons décalées et aux teintes variées, ils préservèrent la diversité génétique héritée de l'époque d'Edo. Des variétés telles que le Shogetsu d'un blanc pur, le Fugenzo aux pétales denses ou le Shirayuki s’épanouissaient en un spectacle chromatique surnommé « le nuage aux cinq couleurs » (Goshiki-zakura). Cette splendeur devint un outil de diplomatie végétale en 1912, lorsque des greffons de ces mêmes arbres furent envoyés à Washington D.C., liant à jamais le sol de Kōhoku à l'image internationale du Japon.

Aujourd'hui, le marcheur peut se recueillir au parc Goshiki-zutsumi devant le monument « Sai-ou-ki ». Ce vestige témoigne d'une époque où l'esthétique locale refusait de s'effacer devant la standardisation de l'État. La beauté éphémère de ces fleurs, revenue des États-Unis dans les années 1980 après avoir disparu localement à cause de la pollution, nous rappelle que la nature est souvent le réceptacle le plus fidèle de nos légendes spirituelles.

La Résistance Botanique des Cerisiers aux Cinq Couleurs
La Résistance Botanique des Cerisiers aux Cinq Couleurs

La Tragédie d'Adachi-hime et la Géographie Sacrée du Salut

Le sol de Kōhoku est imprégné de la légende médiévale d'Adachi-hime. Au XIIe siècle, cette jeune femme, accablée par les tourments familiaux, se jeta dans les eaux de l'Arakawa. Son père, dévasté, fit sculpter six statues d'Amida à partir d'un bois sacré pour apaiser son âme. À l'époque d'Edo, ce récit de souffrance féminine devint un puissant vecteur de liberté sociale.

Le « Pèlerinage des Six Amida » offrait aux femmes de la capitale un prétexte légitime pour s'évader de la sphère domestique. Ce voyage religieux était une rare opportunité de sociabilisation et de voyage. Le temple Keimei-ji, qui abrite la deuxième statue, était une étape cruciale de ce parcours. Plus loin, au temple Sho-o-ji, on vénère la statue « Mokuyo » (le bois restant), sculptée dans les derniers fragments de l'arbre sacré. Les vestiges de l'Amida-no-watashi (le passage d'eau d'Amida) marquent encore l'endroit où les pèlerines traversaient la rivière, reliant la fluidité des légendes à la réalité physique d'un paysage en constante transformation.

La Tragédie d'Adachi-hime et la Géographie Sacrée du Salut
La Tragédie d'Adachi-hime et la Géographie Sacrée du Salut

Le Sacrifice de Numata et la Cicatrice de l'Arakawa

La tranquillité actuelle de la rivière cache une transformation violente du paysage. Suite aux inondations catastrophiques de 1910, l'État japonais lança le projet titanesque du canal de dérivation de l'Arakawa (1911-1930). Ce fut un acte de « sacrifice géopolitique » : pour protéger le centre névralgique de Tokyo, le hameau de Numata, l'un des plus prospères de Kōhoku, fut littéralement rayé de la carte pour devenir le lit du nouveau fleuve.

Se tenir sur le pont de Kohoku, c'est surplomber une cité engloutie. Plus de 150 foyers furent déplacés, et leurs terres fertiles, célèbres pour leurs légumes d'Edo, furent submergées. L'émotion de ce déracinement est gravée sur la stèle Gochi Aibo-hi (Monument de l'Amour pour la Terre Natale) au sanctuaire Motoshuku :

« Les terres ancestrales transmises de génération en génération se sont, en un matin, transformées en vagues. »

Données Clés du Projet

Détails Historiques

Période de construction

1911 - 1930

Foyers déplacés (Kōhoku)

Environ 150 familles

Largeur du canal

500 mètres

Impact principal

Disparition totale du hameau de Numata

Cette cicatrice hydraulique a redéfini l'identité du quartier, imposant la sécurité de la métropole sur la pérennité du village ancestral.

Le Sacrifice de Numata et la Cicatrice de l'Arakawa
Le Sacrifice de Numata et la Cicatrice de l'Arakawa

La Science Paysanne de la Famille Funatsu

Malgré ces bouleversements, Kōhoku est resté un centre d'excellence intellectuelle grâce à la lignée des Funatsu. Ces « intellectuels ruraux » n'étaient pas de simples fermiers ; ils servaient de filtres culturels entre les traditions agraires et la science moderne.

Les archives conservées au Musée d'histoire locale d'Adachi révèlent une curiosité insatiable : la famille possédait et étudiait des ouvrages tels que le Nishigoku Risshihen (traduction de "Self-Help" de Samuel Smiles) et le Hakubutsu Shinpen (un traité de sciences naturelles). Cette érudition leur permit de devenir les gardiens scientifiques de la biodiversité locale, notamment en documentant avec précision les variétés de cerisiers alors que le savoir traditionnel s'étiolait. Ils prouvèrent que la modernisation du Japon ne s'est pas jouée uniquement dans les universités de Tokyo, mais aussi dans l'esprit de notables ruraux capables d'allier foi, esthétique et rigueur scientifique.

La Science Paysanne de la Famille Funatsu
La Science Paysanne de la Famille Funatsu

Les Briques Rouges et les Sanctuaires de l'Industrie

À la fin du XIXe siècle, la boue des rivières Sumida et Arakawa, riche en argile, devint le matériau de construction du Tokyo moderne. Les usines de Kōhoku, comme celle de Hirooka Kanbe, produisirent les briques rouges qui édifièrent la gare de Tokyo et les quartiers de Ginza.

Cette ère industrielle engendra une fusion unique entre technologie et spiritualité. Dans le quartier de Horinouchi, au sein du sanctuaire Hikawa, on trouve un sanctuaire Inari construit entièrement en briques rouges — un hommage des ouvriers à la divinité protectrice, utilisant le fruit de leur labeur quotidien. Lorsque l'industrie déclina, ces sites se métamorphosèrent : l'ancienne manufacture Hirooka laissa place au parc Arakawa Yuen, transformant un lieu de production intense en un espace de loisirs, tout en conservant les vestiges de ses murs comme sentinelles du passé.

Les Briques Rouges et les Sanctuaires de l'Industrie
Les Briques Rouges et les Sanctuaires de l'Industrie

Trésor Caché

Au détour de votre promenade, cherchez le mur de briques de style anglais d'Arakawa Yuen. Cette structure est remarquable par sa technique de pose dite "English bond", alternant des rangées de briques posées en longueur (panneresses) et en largeur (boutisses). Ce mur est bien plus qu'une clôture ; c'est un échantillon tactile du sol même de Kōhoku, transformé par le feu pour bâtir les fondations de la capitale impériale.

Réflexion sur les Strates du Temps

Comprendre Kōhoku-mura, c’est accepter que l’âme d’un lieu ne réside pas dans ses monuments les plus visibles, mais dans l'accumulation invisible de ses adaptations. Chaque strate — de la diversité des fleurs sacrifiées à l'uniformité, du village submergé pour la sécurité du centre, à la brique née de la vase — raconte une histoire de résilience. La ville n'est pas un décor figé, mais un organisme vivant qui porte ses cicatrices avec dignité. En observant ces fragments, nous apprenons que la véritable exploration consiste à voir la persistance de l'esprit humain sous l'épaisseur du béton.

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Logistique du Voyage

Comment s'y rendre : Le quartier est accessible via le Nippori-Toneri Liner. Descendez aux stations Adachi-Odai ou Kohoku.

Conseils de visite :

  • Musée d'histoire locale d'Adachi : Indispensable pour consulter les documents de la famille Funatsu et comprendre l'évolution topographique.
  • Digue de l'Arakawa : À parcourir idéalement au printemps pour observer les descendants des cerisiers originaux.
  • Horinouchi : Perdez-vous dans les ruelles autour du sanctuaire Hikawa pour découvrir les structures en briques rouges dissimulées.

Q & A

Quelle est l'origine tragique de la légende de la princesse Adachi ?

L'origine tragique de la légende de la princesse Adachi (Adachi-hime) remonte à la fin de l'époque de Heian (vers le XIIe siècle), au sein de l'actuel district d'Adachi à Tokyo.

Voici les détails de cette tragédie tels que rapportés par les sources :

  • Un mariage malheureux : La princesse Adachi était la fille d'Adachi Shoji, le gouverneur local de la région. Réputée pour sa beauté et sa grande bonté, elle fut mariée à un seigneur d'une famille puissante des environs dans le cadre d'une alliance politique.
  • Les persécutions : Peu après son mariage, elle devint la cible des maltraitances constantes et des calomnies malveillantes de sa belle-mère. Isolée et voyant sa réputation injustement entachée, la princesse sombra dans un profond chagrin.
  • Le suicide dans l'Arakawa : Ne voyant aucune issue à sa souffrance, elle choisit de mettre fin à ses jours en se jetant dans les eaux de la rivière Arakawa.
  • Le sacrifice des suivants : Ses cinq serviteurs, accablés par la culpabilité de ne pas avoir su protéger leur maîtresse, décidèrent de la suivre dans la mort et se suicidèrent à leur tour.

Les conséquences religieuses et culturellesCette tragédie a donné naissance à une pratique religieuse majeure dans la région de Kōhoku :

  • La création des Six Amida : Inconsolable, le père de la princesse trouva dans la rivière un bois sacré flottant. Il fit sculpter dans ce bois six statues de Bouddha Amida, une pour sa fille et cinq pour ses suivants, afin d'assurer le salut de leurs âmes.
  • Le pèlerinage féminin : À l'époque d'Edo, cette légende a été intégrée au pèlerinage des « Six Amida » (Roku Amida-mōde). Ce circuit est devenu particulièrement populaire auprès des femmes de l'époque qui, en visitant les six temples (dont le temple Eimei-ji à Kōhoku), cherchaient une protection contre les malheurs de la vie quotidienne et les pressions du système patriarcal,.

Aujourd'hui, le temple Eimei-ji conserve toujours la deuxième statue de ce pèlerinage, dédiée à la mémoire de la princesse, et le temple Seiō-ji abrite ce qui est considéré comme la tombe d'Adachi-hime.

Quels étaient les 78 types de cerisiers plantés ?

Selon les sources, le projet de plantation de 1886 sur la digue d'Arakawa comprenait plus de 78 variétés de Sato-zakura (cerisiers de village).

Bien que la liste exhaustive des 78 types ne soit pas fournie en intégralité dans les documents, les sources citent spécifiquement les variétés suivantes comme exemples emblématiques :

  • 猩々 (Shōjō)
  • 普賢像 (Fugenzo)
  • 白妙 (Shirotae)

Voici les éléments clés concernant ces variétés et leur sélection :

  • Origine historique : Ces cerisiers anciens provenaient des jardins des résidences de daimyo (seigneurs féodaux) de l'époque d'Edo.
  • Palette de couleurs : La diversité de ces variétés permettait d'offrir un spectacle chromatique allant du rouge foncé et rose pâle au blanc, jaune et vert-jaunâtre. C'est cette richesse visuelle qui a donné naissance au nom de « nuages aux cinq couleurs » (Goshiki-gumo) et, par extension, aux cerisiers aux cinq couleurs (Goshiki-zakura).
  • Stratégie de préservation : L'expert Magouemon Takagi a délibérément choisi de planter ces 78 types différents pour assurer la biodiversité du site. Contrairement à la variété Somei Yoshino, qui est génétiquement uniforme et donc vulnérable, cette multiplicité de variétés visait à empêcher qu'une seule maladie ou un parasite ne détruise l'ensemble de la plantation en même temps.

Bien que le paysage original ait été largement détruit par les travaux du canal d'Arakawa et la pollution industrielle, une partie de ces variétés a été réintroduite en 1981 grâce au projet des « Cerisiers de retour » (Sato-gaeri Sakura), utilisant des greffons provenant des descendants des arbres offerts à Washington D.C. en 1912.

Références et suite de la lecture

  1. 江北村 - accessed May 13, 2026, 
  2. 江北の五色桜(江北村の歴史を伝える会資料より)|yumiパンダ, accessed May 13, 2026, 
  3. 五色桜 - 足立区, accessed May 13, 2026, 
  4. 荒川堤の五色桜 - 歴史探訪と温泉 - FC2, accessed May 13, 2026, 
  5. 江北 - 足立区観光交流協会, accessed May 13, 2026, 
  6. 足立区都市農業公園の桜, accessed May 13, 2026, 
  7. NPO 法人あらかわ学会による東京都足立区の「里帰り桜」に関する調査結果報告, accessed May 13, 2026, 
  8. 足立史談 - 足立区, accessed May 13, 2026, 
  9. 『足立史談』605号, accessed May 13, 2026, 
  10. 明治・大正・昭和期に行われた荒川放水路開削工事と 市民の生活, accessed May 13, 2026, 
  11. 人の手により開削された「荒川放水路」, accessed May 13, 2026, 
  12. 江北村の歴史を伝える会 - 足立朝日, accessed May 13, 2026, 
  13. 恵明寺 | 足立区江北地域学習センター, accessed May 13, 2026, 
  14. 伝説の悲運の女性、足立姫のお墓へ…|WAGNAS-都内アドベンチャーサークル- - note, accessed May 13, 2026, 
  15. 江戸の 3 つの「六阿弥陀参」における 「武州六阿弥陀参」の特徴 - 歴史地理学会 |, accessed May 13, 2026, 
  16. 六阿弥陀の渡し~豊島の渡し・沼田の渡し - 歴史探訪と温泉, accessed May 13, 2026, 
  17. 渡し碑コレクション/小台の渡し, accessed May 13, 2026, 
  18. 六阿弥陀詣 -1-, accessed May 13, 2026, 
  19. 荒川の歴史 - 日本の川 - 関東 - 荒川 - 国土交通省水管理・国土保全局, accessed May 13, 2026, 
  20. 知っていますか?荒川放水路のこと「荒川放水路通水100周年」 - 足立区, accessed May 13, 2026, 
  21. 江北地區農業變質, accessed May 13, 2026, 
  22. 舩津家文書|足立区, accessed May 13, 2026, 
  23. 舩津家文書目録 名称 差出人 受取人 年代 西暦 分類 形態 員数 備考 1 (偐紫源氏悌)(美人, accessed May 13, 2026, 
  24. 足立を学ぶ|足立区立郷土博物館|足立区, accessed May 13, 2026, 
  25. 荒川遊園煉瓦塀(荒川区) - 戦跡紀行ネット, accessed May 13, 2026, 
  26. 令和4年度新登録の文化財 - 足立区, accessed May 13, 2026, 
  27. 荒川遊園煉瓦塀 - 荒川区立図書館, accessed May 13, 2026, 
  28. 足立小台, accessed May 13, 2026

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