Hibusuma, Tōkyō: Ce que la carte a effacé
Explorez Hibusuma dans l'arrondissement de Meguro à Tokyo à travers un guide de promenade historique reliant sanctuaires anciens, racines rurales oubliées et ruelles paisibles.

À Hibusuma, quartier disparu de Tōkyō, douze siècles de mémoire sacrée attendent sous les trottoirs
Par Historical Travel Stories | Série : Ancrages spirituels dans l'espace-temps
Pierre Nora l'a formulé avec une précision qui n'a pas vieilli : nous vivons, depuis la modernité, dans le passage des milieux de mémoire aux lieux de mémoire. Tant que la mémoire habite les gestes, les corps, les habitudes transmises de génération en génération, elle n'a pas besoin de monuments. C'est quand elle se rompt — quand la transmission vivante s'interrompt, quand le lien entre les pratiques et leur sens se défait — que surgissent les lieux de mémoire : archives, commémorations, musées, plaques de bronze. Ces lieux ne naissent pas de l'abondance mémorielle. Ils naissent de son manque. Ils sont, disait Nora, des « coquilles » vidées de la vie qui les habitait.
Ce que j'ai trouvé à Hibusuma est quelque chose que Nora n'a pas nommé, et qui est pourtant partout : le lieu de mémoire malgré lui. Non pas le lieu officiellement consacré à la préservation d'une mémoire collective — musée, monument, journée nationale —, mais le lieu qui a conservé sa mémoire sans que personne n'ait jamais décidé de la conserver. Un résidu. Un reste. Ce qui demeure après que tout le reste a été effacé, non parce que quelqu'un l'a protégé, mais parce qu'il était trop petit, trop obscur, trop éparpillé pour qu'il vaille la peine de l'effacer entièrement.
Hibusuma (碑衾) est un quartier de Tōkyō qui n'existe plus. Son nom a disparu des registres officiels en 1964. Ce qui demeure de lui — un parc municipal sans panneau explicatif, le tronc d'un arbre mort, le bâtiment le plus ancien des vingt-trois arrondissements de la capitale, la reproduction d'une gravure sur cuivre dans une chapelle latérale — forme ensemble un palimpseste que douze siècles de pouvoir politique, religieux et administratif n'ont pas réussi à gratter jusqu'au bout.
Voici ce qui y est enterré.
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I. Ce que Barthes n'a pas cherché
Roland Barthes est venu à Tōkyō en 1966 et en a rapporté L'Empire des signes — l'un des textes français les plus influents et les plus problématiques jamais consacrés au Japon. Influent parce que Barthes y déploie avec une élégance souveraine sa sémiologie de la ville ; problématique parce que ce qu'il appelle « le Japon » est, comme il l'avoue lui-même, un « système de signes » qu'il a inventé plutôt que découvert. Le Japon de Barthes est un Japon sans profondeur historique : une surface scintillante, un pur jeu de signifiants, une ville organisée autour d'un « centre vide » — le Palais impérial — dont la vacuité devient la métaphore d'une cité qui signifie sans renvoyer à aucun signifié stable.
C'est une vision fascinante. C'est aussi, en un sens, une vision aveugle.
Car la profondeur est là. Elle est simplement enfouie autrement qu'à Rome, à Grenade ou à Lisbonne — non pas dans des ruines visibles qui se dressent au-dessus du tissu urbain, mais dans ce tissu lui-même : dans la position d'un portail de sanctuaire qui n'a pas bougé depuis trois siècles, dans un nom de parc que les riverains prononcent sans en connaître l'origine, dans la courbe d'une avenue piétonne qui suit le méandre d'une rivière ensevelie sous le béton depuis soixante ans.
Tokyo's Invisible Spiritual Firewall
Le quartier de Meguro, dans le sud de Tōkyō, en est l'illustration la plus dense que je connaisse. Et dans ce quartier, le territoire de l'ancien village de Hibusuma — fusionné de force en 1889, élevé au rang de bourg en 1927, absorbé dans l'arrondissement de Meguro en 1932, effacé des adresses officielles en 1964 — contient, sur quelques kilomètres carrés de rues résidentielles tranquilles, cinq strates de bouleversements spirituels et politiques superposés depuis l'an 853. Cinq couches. Cinq tentatives d'écrasement. Cinq résidus qui ont survécu.
Patrick Modiano n'a jamais écrit sur Tōkyō. Mais c'est sa méthode qu'il faut ici : celle de l'arpenteur minutieux des mémoires enfouies, de celui qui remonte le fil d'une adresse, d'un nom, d'une date jusqu'à ce que le quartier ordinaire révèle sa biographie secrète. Ses romans fouillent Paris comme on fouille un site archéologique avec une brosse douce — non pour exhumer des monuments, mais pour dégager des traces. Des traces de ceux qu'on avait voulu faire disparaître.
C'est ainsi qu'il faut marcher dans Hibusuma.

II. Le dieu dans le nom
Avant d'aller plus loin, il faut résoudre une énigme philologique.
« Hibusuma » (碑衾) est un mot artificiel, forgé en 1889 par l'administration Meiji qui fusionnait deux villages anciens — Himonya (碑文谷) et Fusuma (衾) — en en prélevant un caractère chinois dans chacun. Le résultat n'avait aucun précédent historique, aucune résonance affective. Un compromis bureaucratique, comme il en existe dans toutes les langues quand le pouvoir central décide d'optimiser la carte.
Mais la seconde moitié de ce composé — Fusuma (衾) — est, elle, ancienne. Et son sens est plus énigmatique que sa traduction littérale ne le laisse entendre. En japonais, 衾 désigne la literie, l'édredon, le linge de couchage. Aucun document historique ne suggère que le village de Fusuma ait entretenu un rapport particulier avec la fabrication ou le commerce de draps. Les érudits du district de Meguro ont recensé cinq étymologies concurrentes pour ce nom, et aucune n'est définitivement établie.
La plus saisissante — et la plus féconde pour qui s'intéresse à la géographie du sacré — propose que le nom dérive d'une divinité : Fusegi-masu-Ōkami (塞坐大神), le Grand Dieu qui Barre, qui Contient, qui Garde les Seuils. Il appartient à l'une des catégories les plus archaïques du panthéon shintō : les dieux-frontières, ces gardiens invisibles postés aux limites de l'espace habité, aux carrefours et aux confluents de rivières, là où le monde connu bascule dans l'inconnu.
Treason by efusal
La France a connu ces dieux, sous d'autres noms. Les Gaulois vénéraient des esprits des lisières et des sources — dont les Romains firent des dii loci, des dieux du lieu. La terminologie change ; la fonction spatiale demeure. Le nom du village de Fusuma, si cette étymologie est juste, ne désignait pas une réalité géographique : il désignait une fonction cosmologique. Il nommait le point où s'arrêtait la protection et où commençait l'altérité.
Ce que la toponymie française appelle stratigraphie linguistique — la lecture des noms de lieux comme fossiles d'états de langue et de civilisation successifs — s'applique ici avec une acuité particulière. Combien de villages français ont perdu, dans leur passage au cadastre révolutionnaire ou dans les réformes administratives du XIXe siècle, la mémoire cosmologique que leur nom celtique, latin ou occitan contenait ? À Fusuma, la mutation est datée et documentée : 1964, le nom disparaît des adresses officielles. Il ne reste qu'un parc municipal dans le cinquième secteur d'Yakumo.
Parc Fusuma-machi. Aucun panneau n'explique d'où vient ce nom. Les riverains y promènent leurs chiens sans savoir qu'ils marchent sur le dernier fragment d'un mot qui contenait peut-être, en trois syllabes, la mémoire d'un dieu gardien antérieur à tout ce que les livres d'histoire de ce quartier peuvent enregistrer.
C'est cela, un lieu de mémoire malgré lui.

III. La doctrine qui ne pouvait pas plier, et le mensonge qui servit à la briser
En 853 de l'ère chrétienne, un moine bouddhiste nommé Ennin — dont le nom posthume, Jikaku Daishi, témoigne du degré de vénération qu'il atteignit, et qui avait passé neuf ans à étudier dans la Chine des Tang — fonde un petit temple dans la vallée qui deviendra Himonya. Il l'appelle Hoshukuji. Il appartient à l'école Tendai du bouddhisme, et pendant quatre siècles, rien de notable ne s'y passe.
En 1283 — un an après la mort de Nichiren, le prédicateur le plus radical et le plus combatif du bouddhisme japonais médiéval, qui comparait les autres écoles bouddhiques à des mauvaises herbes et prophétisait des calamités nationales pour qui n'embrasserait pas la doctrine du Sūtra du Lotus —, l'un de ses disciples arrive au temple et le convertit de force. Le temple prend le nom de Hokkuji, « le temple du Sūtra du Lotus ». Son nouveau mécène est le clan Kira (吉良氏), l'une des familles aristocratiques les plus puissantes de la région de Musashino, parents latéraux du shōgunat Ashikaga, seigneurs du château de Setagaya.
Sous cette protection, le Hokkuji croît jusqu'à compter dix-huit pavillons résidentiels et soixante-quinze temples subsidiaires. Il y a un marché à sa porte. Il y a des pèlerins de toute la région. C'est, au faîte de sa gloire, un centre spirituel d'importance régionale comparable à ce que furent certaines abbayes bénédictines du XIIe siècle dans la France de Philippe Auguste.
Mais le Hokkuji s'est engagé dans un principe qui le rend structurellement incompatible avec le pouvoir qui viendra.
Ce principe s'appelle Fuju Fuse (不受不施) : des non-croyants, ne rien recevoir ; aux non-croyants, ne rien donner. C'est une doctrine de pureté spirituelle cohérente dans ses propres termes. Si le Sūtra du Lotus est l'expression ultime et complète de la vérité bouddhique, alors mêler son économie spirituelle à celle de toute autre tradition la contamine. On ne peut pas accepter d'aumônes de qui ne croit pas, parce qu'accepter revient à valider son chemin spirituel comme équivalent du vôtre.
Un lecteur français reconnaît immédiatement la structure du problème.
Les cathares du Languedoc refusaient les sacrements d'une Église qu'ils jugeaient corrompue. Les parfaits — les cathares qui avaient reçu le consolamentum — ne pouvaient toucher aucun objet impur sans perdre leur état de grâce. La logique doctrinale est voisine : la pureté ne se négocie pas. On sait ce que cela leur valut. La croisade des Albigeois (1209-1229) fut l'une des entreprises d'écrasement religieux les plus systématiques de l'histoire médiévale occidentale ; Simon de Montfort rasant Béziers, Arnaud Amaury prononcant cette phrase que l'histoire a retenue, vraie ou fabriquée : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. »
Murdered By Devotion
Le shōgunat Tokugawa n'avait pas les mêmes méthodes. Mais la logique institutionnelle était identique : un système de contrôle social — le terauke-seido, l'inscription paroissiale obligatoire — qui imposait à tous les foyers japonais d'être enregistrés dans un temple local et d'y contribuer financièrement, sans égard pour leurs convictions personnelles. Les temples, en retour, devaient accepter toutes les contributions, de n'importe quel pratiquant, quel que soit son horizon doctrinal. Pour un temple Fuju Fuse, c'était théologiquement impossible.
La collision est inévitable. Le shōgunat convoque un débat formel en 1630 et tranche que la doctrine Fuju Fuse est « hérétique ». Les pressions s'intensifient tout au long du XVIIe siècle. En 1698, le dix-neuvième abbé du Hokkuji est destitué — exilé, selon la tradition du temple, sur l'île de Hachijōjima, à sept heures de traversée des côtes. Le temple est reconverti de force au bouddhisme Tendai.
Quatre cent quinze ans de résistance : liquidés.
Ce qui vient ensuite est, pour le lecteur familier de Michel Foucault, parfaitement lisible.
Une fois le Hokkuji institutionnellement détruit, une légende commence à circuler dans les rues d'Edo — la capitale du shōgunat, aujourd'hui Tōkyō. Elle raconte que le temple avait été fermé pour de bonnes raisons : les moines pratiquaient quelque chose que l'on appelait Renge Ōjō, l'« ascension sur le trône de lotus ». Ils invitaient de vieux dévots crédules à s'asseoir sur un grand trône de bronze en forme de fleur de lotus, leur promettaient que si les moines récitaient suffisamment de sūtras autour d'eux, ils s'élèveraient paisiblement vers le paradis — et un moine dissimulé sous le trône enfonçait une lance vers le haut, tuant le fidèle. Le corps était incinéré avant que la famille pût l'examiner. La famille, convaincue que son proche avait atteint l'illumination, faisait de généreux dons.
L'histoire a son héros populaire : Isshin Tasuke, un marchand de poisson des quartiers populaires qui, soupçonnant la supercherie, avait dissimulé un miroir de bronze sous lui lorsqu'il monta volontairement sur le trône, déjoua la lance et exposa les moines criminels.
Récit parfait. Villains religieux, héros du peuple, leçon morale limpide. Le type d'histoire qu'on répète jusqu'à ce que plus personne ne se souvienne de l'avoir entendue pour la première fois.
Et la documentation patrimoniale officielle du district de Meguro — le texte publié par le gouvernement municipal lui-même — affirme avec une franchise remarquable que cette histoire est vraisemblablement fausse. Des cas similaires sont documentés dans les archives d'autres provinces. L'association avec le Hokkuji semble avoir été fabriquée et diffusée comme propagande, pour produire une évidence publique justifiant la répression de la secte Fuju Fuse.
Foucault l'a formulé dans Surveiller et punir et dans ses cours au Collège de France : le pouvoir ne se contente pas d'interdire ; il produit. Il produit des vérités, des savoirs, des discours qui légitiment ce qu'il a déjà décidé de faire. Le dispositif de répression du Fuju Fuse incluait, comme élément nécessaire, la fabrication d'un récit criminalisant. La légende du trône de lotus n'est pas un effet collatéral de la persécution : elle en est un instrument.
Ce qui reste du temple Hokkuji s'appelle aujourd'hui Enyūji (圓融寺). Son hall principal — le Shakadō, construit au début de la période Muromachi et classé Bien culturel important de la Nation — est le plus ancien édifice en bois des vingt-trois arrondissements de Tōkyō. La courbe de son toit, dans le style chinois adapté sur plusieurs siècles de métabolisme japonais, mérite l'arrêt. Dans la cour, presque sans signalétique, une pagode de pierre à cinq étages marque la sépulture du moine qui convertit le temple en 1283. Sept cents ans de mousse y ont poussé.

IV. L'arbre que le sacré a tué
Roger Caillois, dans L'Homme et le sacré (1939), définissait le sacré comme « ce qui est mis à part, ce qui est séparé du reste, ce que l'on ne peut toucher ». Sa formule doit son acuité au paradoxe qu'elle ne résout pas : le sacré est ce qu'on ne peut pas toucher — et pourtant ce qui attire le toucher de manière irrésistible. C'est dans cette tension que se joue la tragédie qui m'occupe ici.
À dix minutes à pied vers l'ouest du temple Enyūji, en suivant le tracé de la rivière Nomi — qui n'est plus visible car elle a été canalisée sous le béton pendant la reconstruction d'après-guerre, mais dont la sinuosité subsiste dans la courbe de l'avenue piétonne qui l'a remplacée —, se trouve un sanctuaire qui fut pendant des siècles le gardien spirituel du village de Fusuma.
Il s'appelle Yakumo Hikawa Jinja (八雲氷川神社). Sa divinité principale est Susanoo-no-Mikoto : le dieu des tempêtes, le tueur du dragon à huit têtes, l'exilé du Ciel devenu seigneur des océans et de la purification. Les sanctuaires Hikawa dédiés à Susanoo forment un réseau qui couvre toute la plaine du Kantō, avec le grand sanctuaire d'Ōmiya à Saitama comme nœud central. Yakumo Hikawa en est l'un des nœuds méridionaux.
Dans l'enceinte du sanctuaire poussait un chêne. Un chêne japonais (Quercus salicina, l'akagashi) d'âge et de dimensions exceptionnels. À un moment de l'époque Edo, la croyance se répandit que l'écorce de cet arbre en particulier — bouillie et bue en décoction — guérissait le shaku : une catégorie d'affection qui, dans la médecine traditionnelle japonaise, recouvrait les coliques abdominales violentes, les douleurs thoraciques, les spasmes que nous dirions peut-être aujourd'hui être des coliques hépatiques ou des crises de tétanie. En plein XVIIIe siècle, pour qui en souffrait, c'étaient des maladies terrifiantes et pratiquement incurables par les moyens disponibles.
L'arbre devint célèbre. Des pèlerins vinrent de l'extérieur du village, puis d'autres provinces. Le sanctuaire construisit un hébergement pour les visiteurs de loin. Pour un village agricole qui n'avait aucune autre raison d'apparaître dans les archives historiques de l'époque, c'était une transformation considérable.
Et tout le monde commença à arracher l'écorce.
Japan's Last Underground Missionary
Chaque pèlerin en prenait un peu. Chacun croyait — à juste titre, dans la logique de la tradition — que le pouvoir guérisseur résidait dans le lien de l'arbre avec la divinité du sanctuaire, et que posséder un fragment de l'arbre, c'était posséder un fragment de ce lien. Aucun acte individuel d'arrachage d'écorce n'était déraisonnable dans le cadre qui le produisait. L'effet cumulatif de tous ces actes individuellement raisonnables fut la mort de l'arbre.
À l'époque Meiji, le chêne agonisait. Dans les années qui suivirent sa mort, les journaux de l'époque — dont les titres et les dates précises restent difficiles à établir avec les sources secondaires disponibles — signalèrent qu'entre minuit et trois heures du matin des gémissements montaient du bosquet du sanctuaire. Le chêne mort reçut un nom : Hikawa-sama no Unari-gashi, « le chêne gémissant du Sanctuaire Hikawa ».
Caillois avait raison : le sacré est ce qu'on ne peut pas toucher. Quand on le touche, quand on le touche trop, quand des milliers de mains le touchent avec une dévotion sincère et un désir de guérison légitime, il s'effondre. Non pas sous les coups de la profanation, mais sous ceux de la vénération.
Marcel Mauss, dans son Essai sur le don, avait décrit le don comme un acte qui engage une obligation : ce qu'on reçoit doit être rendu. Les pèlerins venaient recevoir une guérison de l'arbre — mais ils lui prenaient quelque chose en échange sans le savoir, et sans jamais pouvoir rendre ce qu'ils avaient pris. L'arbre mourait de l'excès de sa propre générosité forcée.
Le tronçon du chêne est toujours là, à gauche de la salle principale du sanctuaire. Le bois est blanchi et craquelé. Il n'y a aucun panneau pour l'expliquer. La plupart des visiteurs passent devant sans le regarder.
Une chose mérite d'être notée : le nom du quartier environnant est Yakumo (八雲), et ce nom vient du plus ancien poème de la littérature japonaise. Lorsque Susanoo, après avoir tué le dragon et épousé la déesse Kushinadahime, contempla les nuages qui se levaient sur sa nouvelle demeure à Izumo, il composa :
Yakumo tatsu / Izumo yaegaki / tsuma-gomi ni / yaegaki tsukuru / sono yaegaki wo
Les huit nuages se lèvent / sur les huit palissades d'Izumo / pour encercler mon épouse / je construis huit palissades / ces huit palissades.
Les deux premières syllabes du poème — ya-ku — survivent aujourd'hui comme le nom d'un code postal de Tōkyō où l'on trouve une épicerie, une boulangerie et une station de métro. Le premier poème de la langue japonaise, préservé dans le nom d'une zone résidentielle.

V. Le dernier jésuite et la Madone de Batavia
La France a un lien spécifique avec l'histoire qui suit — un lien que les versions anglaise ou espagnole de ce texte ne peuvent pas revendiquer de la même manière.
En mars 1865, à Nagasaki, un prêtre français des Missions Étrangères de Paris nommé Bernard Petitjean achevait la construction de la cathédrale Ōura sur une colline surplombant la ville. Le 17 mars, un groupe de villageois de la région d'Urakami s'approcha de lui. L'un d'eux chuchota : « Notre cœur est le même que le vôtre. » Petitjean comprit. Devant lui se trouvaient des descendants de communautés chrétiennes qui avaient maintenu leur foi secrète pendant plus de deux cents ans — sans prêtres, sans textes imprimés, par la seule transmission orale de génération en génération, à travers chaque vague de persécution. C'est ce qu'on appelle désormais la découverte des chrétiens cachés, l'un des épisodes les plus stupéfiants de l'histoire des religions.
Cette scène — ce moment précis, ce prêtre français et ces paysans japonais qui se reconnaissent à travers deux siècles d'interdiction — est représentée dans un vitrail de l'église catholique de Himonya, quartier de Meguro, dont la construction commença en 1948 et s'acheva en 1954.
Mais pour comprendre pourquoi cette église existe, il faut remonter encore plus loin, jusqu'à 1708.
Cette année-là — cinquante ans après les événements que Shūsaku Endō a romancés dans Le Silence, quand la prohibition du christianisme au Japon durait depuis des décennies et que la foi chrétienne n'y subsistait que dans des communautés clandestines de Kyūshū —, un prêtre jésuite né à Palerme, Giovanni Battista Sidotti (1668-1715), débarqua sur l'île de Yakushima après avoir navigué depuis Batavia.
Il fut arrêté le lendemain.
Sidotti était le dernier missionnaire occidental à tenter d'entrer dans le Japon du shōgunat. Il avait appris le japonais. Il savait parfaitement ce qui l'attendait. Il avait choisi d'y aller quand même — de la manière dont certains êtres prennent des décisions que le sens commun ne peut pas expliquer, avec la conviction que certaines choses sont nécessaires indépendamment de leur résultat.
Il fut conduit à Edo et incarcéré dans le Kirishitan Yashiki — la « Maison des Chrétiens », l'installation spéciale du shōgunat pour la détention des chrétiens étrangers et des apostats japonais. Là, il fut interrogé pendant des mois par l'intellectuel le plus remarquable du Japon de cette époque : Arai Hakuseki, érudit, polygraphe, conseiller du shōgunat, le type d'intelligence pour qui l'enquête est une fin en soi.
The Ghost Town That Hijacked Tokyo
Les entretiens entre Arai et Sidotti produisirent deux œuvres majeures — le Seiyō Kibun et le Sairanigon — qui constituèrent pendant des décennies le corpus le plus complet de connaissances japonaises sur la géographie, l'histoire et la religion de l'Occident. Dans son texte, Arai écrit sur Sidotti avec une chaleur notable. Il le reconnaît comme un homme de savoir authentique et de morale sérieuse. Il recommande au shōgunat de le traiter avec humanité.
Le shōgunat choisit la prison à vie.
Sidotti mourut en 1715, dans le Kirishitan Yashiki. Avant de mourir, il baptisa en secret les deux serviteurs japonais affectés à sa garde — ce qui violait l'accord avec ses geôliers et lui valut des conditions de détention considérablement aggravées. Ce n'était pas une décision prudente. C'est le type de décision qu'Endō, dont le roman a été adapté au cinéma par Martin Scorsese en 2016, a passé sa carrière à essayer de comprendre.
Parmi ses possessions quand il était arrivé au Japon se trouvait une gravure sur cuivre : une reproduction d'un tableau de la Vierge Marie par le peintre florentin Carlo Dolci — une Mater Dolorosa, la mère des douleurs. Cette image l'avait accompagné à travers l'océan Pacifique, à travers son arrestation, à travers ses années de réclusion.
Après sa mort, elle disparut dans les archives du shōgunat.
En 1954 — deux cent trente-neuf ans plus tard —, elle fut retrouvée dans les réserves du Musée national de Tōkyō, dans un catalogue d'objets liés à l'époque de l'interdiction chrétienne. C'était une petite chose : une gravure sur cuivre, pas une peinture originale. Mais la provenance était claire.
La même année, la Société salésienne — fondée à Turin au XIXe siècle par Jean Bosco pour l'éducation des jeunes en situation de pauvreté, présente dans des dizaines de pays francophones, de la Belgique au Congo en passant par Madagascar et le Québec — achevait la construction d'une église à Himonya. De style romano-gothique, avec un clocher de trente-six mètres visible depuis plusieurs pâtés de maisons, avec des cloches offertes par des catholiques de Milan accordées en trois notes.
Quand les prêtres salésiens apprirent la découverte de la gravure de Sidotti, ils nommèrent leur nouvelle église en son honneur : la Cathédrale Edo Santa Maria. La reproduction de l'image — l'original étant trop précieux pour un prêt permanent — est aujourd'hui visible dans la chapelle latérale de l'entrée, au-dessus d'un petit autel, n'importe quel jour où l'on vient.
Je voudrais m'arrêter un instant sur la géographie de cette coïncidence.
Cette église catholique a été construite sur un territoire qui fut pendant quatre siècles le bastion d'une secte bouddhiste réprimée pour avoir refusé de compromettre sa doctrine face au pouvoir politique. L'histoire du Hokkuji et celle de Sidotti ont une symétrie qui n'est pas métaphorique mais structurelle : deux communautés de foi, sur le même territoire, en des époques différentes, détruites par le même mécanisme — le pouvoir exigeant la renonciation à l'intégrité spirituelle comme prix de la survie institutionnelle. Et dans les deux cas, ce qui a survécu à la destruction, c'est un objet : la gravure sur cuivre d'une mère en deuil ; l'édifice en bois d'un hall de temple du XVe siècle.
Aucune étude n'a jamais été consacrée à ce recouvrement géographique. On ne sait pas si le choix de Himonya pour l'installation de l'église salésienne avait la moindre conscience de l'histoire du lieu. Il est probable que non. C'est cela qui rend la coïncidence intéressante : la mémoire du lieu n'a pas eu besoin d'être voulue pour se perpétuer.
Le vitrail qui représente la scène de Nagasaki avec Bernard Petitjean est visible dans la nef principale de l'église. Un prêtre français, en 1865, retrouvant en des paysans japonais des frères de foi qu'on croyait définitivement effacés. C'est une image qui dit quelque chose sur la durabilité de ce qu'on a voulu faire disparaître.
Adresse : 1-26-24 Himonya, Meguro-ku. La chapelle latérale est accessible dès l'entrée. La gravure de la Vierge est immédiatement sur la droite.

VI. La langue qu'on n'a pas su tuer
En 1880, Jules Ferry fit adopter les lois qui allaient transformer l'école de la République française en instrument de francisation des populations régionales. Le breton, l'occitan, l'alsacien, le basque, le flamand furent progressivement exclus des salles de classe. Le fameux symbole — la « vache » ou le « signal » qu'on passait à l'élève pris à parler sa langue maternelle, à charge pour lui de le transmettre au suivant qu'il prendrait en faute — fonctionnait sur une logique simple : la langue régionale est une entrave au progrès, à l'unité nationale, à la modernité. Elle doit disparaître.
En 1889, le gouvernement de l'ère Meiji — qui avait entrepris de moderniser le Japon à une vitesse vertigineuse, en envoyant des délégations en France, en Allemagne, aux États-Unis pour s'inspirer de tout ce qui faisait la puissance des nations occidentales, y compris leurs méthodes d'administration centralisée — fusionnait deux villages anciens du district d'Ebara et inventait un nom composite qui n'avait aucun précédent historique.
Même décennie. Même logique : l'administration centrale sait mieux que les communautés locales quel nom doit porter un lieu.
Cent ans plus tard, la France a reconnu la réalité des langues régionales dans sa Constitution. Les noms occitans, bretons et alsaciens refont surface dans la signalétique bilingue des routes et des gares. Ce n'est pas de la nostalgie folklorique : c'est la reconnaissance tardive que ce qu'on a voulu effacer ne s'efface jamais tout à fait, et que le coût de l'effacement — pour la richesse linguistique, pour la complexité identitaire, pour la précision de la pensée — est réel.
À Hibusuma, ce processus d'effacement a eu la précision d'un chronomètre.
Le village de Hibusuma est créé en 1889. Il devient bourg (machi) en 1927, à l'ouverture de la ligne de chemin de fer Tokyu Tōyoko, qui accélère irrévocablement l'urbanisation de la zone. En 1932, il est absorbé dans l'arrondissement de Meguro nouvellement créé. Le conseil municipal de Hibusuma, conduit par son maire, présenta deux fois des pétitions à la ville de Tōkyō pour que l'hôtel d'arrondissement soit situé au centre géographique du nouveau territoire, et non dans le périmètre de l'ancien bourg de Meguro. Il obtint gain de cause en 1936, quand l'hôtel fut déplacé. C'est le dernier acte politique du conseil.
En 1964, la réforme du système d'adresses de Tōkyō élimina définitivement le mot « Fusuma » des registres officiels.
Ce qui reste : un parc avec un nom inexpliqué. Quelques noms d'écoles. Une association de quartier. Le méandre fossile d'une rivière sous le béton.
La rivière Nomi (Nomikawa) mérite une mention particulière. Dans les années 1930 — quand Hibusuma était encore un bourg semi-rural en cours d'urbanisation —, c'était un cours d'eau clair où les lucioles voletaient les nuits d'été, et des familles aisées avaient construit sur ses berges ensoleillées des maisons de repos pour des proches tuberculeux, attirées par l'air et la lumière. Après la guerre, la rivière fut canalisée sous le béton. Les lucioles disparurent avec elle.
La Nomi coule encore, sous les pas de ceux qui longent l'avenue piétonne qui l'a remplacée. On ne peut pas l'entendre. On ne peut pas la voir. Elle est là pourtant.

Le palimpseste et ses couches
Voici ce que Pierre Nora n'a pas nommé, mais que Hibusuma illustre avec une netteté particulière.
Entre l'an 853 et 1964, cet espace de quelques kilomètres carrés dans le sud de Tōkyō a absorbé cinq impositions identitaires successives :
En 853, un temple bouddhiste Tendai fut fondé sur un paysage shintō préexistant, sans l'effacer.
En 1283, ce temple fut converti de force au bouddhisme Nichiren, qui superimposa sa doctrine sans parvenir à éliminer la précédente.
En 1698, le shōgunat reconvertit le temple de force au Tendai, détruisant la communauté Fuju Fuse — mais laissant, selon les archives municipales elles-mêmes, « divers conflits » qui perdurèrent pendant des décennies.
Entre 1889 et 1964, une séquence d'impositions administratives effaça le nom « Fusuma » des registres officiels — mais le laissa fossilisé dans un parc, dans le nom d'une école, dans celui d'une association de quartier.
En 1954, une église catholique dédiée à l'épisode le plus dramatique de la persécution chrétienne dans l'histoire japonaise fut construite sur un territoire qui avait été, pendant des siècles, le domaine spirituel d'une secte bouddhiste supprimée pour des raisons analogues.
Aucune de ces transformations ne fut complète. Chacune laissa la couche précédente endommagée mais non détruite. Ce qui subsiste est un paysage spirituel qu'aucune des cinq traditions qui tentèrent de se l'approprier ne peut revendiquer exclusivement — et qui, précisément pour cette raison, les contient toutes.
Nora distinguait entre la mémoire vivante — organique, collective, inconsciente d'elle-même — et les lieux de mémoire — artificiels, volontaires, nés de la rupture avec la transmission vivante. Hibusuma est ni l'un ni l'autre. Ce n'est pas un milieu de mémoire : personne ne se souvient ici de ce que je raconte, personne ne le transmet. Mais ce n'est pas non plus un lieu de mémoire au sens plein : personne n'a décidé de le préserver.
C'est quelque chose de plus fragile et de plus intéressant : un résidu mémoriel. Ce qui demeure quand la destruction n'a pas été tout à fait menée à son terme. Le fossile d'une praxis spirituelle dans un nom de parc. Le tronçon d'un arbre que la dévotion a tué. L'édifice le plus ancien d'une métropole de quatorze millions d'habitants, dans la cour d'un temple que plus personne ne reconnaît comme le sien. La reproduction d'une gravure qu'un homme a traversé un océan pour apporter et qu'on a retrouvée deux siècles plus tard dans une réserve de musée.
Modiano, dans Rue des boutiques obscures, fait dire à son narrateur amnésique, qui remonte le fil de son identité perdue : « Le passé n'est pas perdu. Il est simplement difficile à trouver. » C'est à cela que ressemble Hibusuma : non pas un lieu oublié, mais un lieu difficile à trouver — difficile à lire, difficile à entendre, difficile à rendre à sa densité réelle sous le calme apparent de ses rues résidentielles.
Comment parcourir Hibusuma
Le territoire de l'ancien Hibusuma est franchissable à pied en une demi-journée.
Commencer à Enyūji (1-22-22 Himonya, Meguro-ku) : le Shakadō au fond de l'enceinte, les gardiens noirs de la porte Niō, la pagode de Nissho couverte de mousse. Prendre le temps que mérite l'édifice en bois le plus ancien des vingt-trois arrondissements de Tōkyō.
Marcher vers l'ouest en suivant l'avenue piétonne de la rivière Nomi jusqu'au Sanctuaire Yakumo Hikawa (2-4-16 Yakumo, Meguro-ku). Chercher le tronçon du chêne à gauche de la salle principale. En septembre, le festival annuel comprend une danse des épées vieille de deux siècles.
Continuer jusqu'au Parc Fusuma-machi, dans le cinquième secteur d'Yakumo. Un arrêt bref suffit. Ce qui compte, c'est de savoir pourquoi on s'arrête.
Revenir vers Himonya pour l'Église catholique de Himonya (1-26-24 Himonya, Meguro-ku), dite église salésienne ou église Edo Santa Maria. La chapelle latérale est à droite en entrant ; la gravure de la Vierge, en face. Le vitrail représentant la scène de Nagasaki avec Petitjean est dans la nef principale.
Le parcours complet prend environ quarante minutes à allure tranquille. Aucun de ces endroits n'est fréquenté. Ensemble, ils couvrent douze siècles d'histoire religieuse japonaise, deux vagues de contact culturel avec l'extérieur, cinq impositions politiques, et l'une des étymologies toponymiques les plus suggestives de toute l'agglomération.
Dans La Poétique de l'espace, Gaston Bachelard écrivait que la maison est « notre premier univers, un vrai cosmos » — non parce qu'elle est grande, mais parce qu'elle est habitée, parce que sa topographie est chargée des habitudes et des émotions qui l'ont traversée. Il pensait à la maison d'enfance. Mais la formule vaut pour les villes, et pour les quartiers disparus qui y sont enterrés.
Hibusuma n'est plus sur la carte. Mais ses douze siècles d'histoire sacrée, de résistance doctrinale, de dévotion excessive et d'effacement administratif attendent, sous les trottoirs du sud de Tōkyō, que quelqu'un se donne la peine de les lire.
Ce quartier n'est pas un lieu de mémoire. Il n'a pas été voulu, balisé, labellisé. Il est quelque chose de plus rare : un endroit où la mémoire a simplement refusé de mourir tout à fait.
Note de recherche : Cet article s'appuie sur les documents patrimoniaux officiels du district de Meguro, l'historique officiel du temple Enyūji, les documents de fondation de l'église catholique de Himonya, et le Seiyō Kibun d'Arai Hakuseki (disponible dans la Collection numérique de la Bibliothèque nationale de la Diète du Japon). Plusieurs détails spécifiques — notamment les reportages de presse de l'époque Meiji sur les gémissements du chêne — n'ont pu être vérifiés à partir de sources primaires indépendantes et doivent être traités avec la prudence correspondante. Pour la recherche originale, le Registre commémoratif du bourg de Hibusuma (市郡合併記念 碑衾町誌, 1932) est le point de départ indispensable pour l'histoire administrative du village fusionné ; il est accessible dans la Collection numérique de la Bibliothèque nationale de la Diète.
💡 Foire Aux Questions (FAQ)
Quelle est l'origine historique du quartier de Jiyugaoka à Tokyo et son lien avec le village de Hibusuma ?
Avant de devenir un quartier commerçant prisé, Jiyugaoka appartenait au village rural de Hibusuma (Hibusuma-mura), fondé en 1889 par la fusion des hameaux de Himonya et Fusuma. Composée à l'origine de terres agricoles et de forêts de bambous, la zone s'est développée à la fin des années 1920 grâce à l'ouverture de la ligne ferroviaire Toyoko. L'établissement de l'école libérale Jiyugaoka Gakuen a inspiré le nouveau nom du quartier, officialisé en 1932 lors de la création de l'arrondissement de Meguro, marquant sa métamorphose d'un village agricole en un centre urbain élégant.
Quelle est l'histoire et la signification du sanctuaire Himonya Hachiman à Meguro ?
Le sanctuaire Himonya Hachiman était le principal lieu de culte du village de Hibusuma. Remontant à l'époque de Kamakura, le nom "Himonya" provient d'une pierre naturelle conservée dans l'enceinte du sanctuaire, gravée de caractères sanskrits (bonji) associés au Bouddha Amitābha. Le sanctuaire préserve d'anciens rituels agricoles témoignant de la vie spirituelle des paysans médiévaux. Au fil des siècles, il est devenu un site vénéré par les samouraïs de l'époque d'Edo, constituant aujourd'hui un précieux patrimoine historique préservé au cœur du quartier résidentiel moderne de Meguro.
Comment le village rural de Hibusuma est-il devenu un quartier résidentiel huppé de Tokyo ?
L'urbanisation de Hibusuma s'est accélérée après le grand séisme du Kanto en 1923, incitant les habitants du centre de Tokyo à s'installer vers les collines stables du sud. Le développement de lignes ferroviaires privées comme Toyoko et Ikegami a relié le secteur au centre-ville. Les compagnies ferroviaires ont promu des projets d'aménagement selon le concept des "cités-jardins", construisant des infrastructures modernes et des établissements scolaires. Ce modèle a attiré les familles aisées, les intellectuels et les artistes, transformant l'ancien territoire agricole de Hibusuma en l'un des districts résidentiels les plus cotés de Meguro.
Références et suite de la lecture
Première strate – Principales sources de littérature et institutions :
- 目黑区教育委員会地名資料(《月刊めぐろ》昭和55–58年系列);
- 《新編武蔵風土記稿》荏原郡衾村条;
- 目黑区立図書館所蔵1762年村絵図;
- 目黒区教育委員会〈歴史を訪ねて 円融寺〉;
- 天台宗圓融寺公式歷史記錄;
- 圓融寺所藏「圓融寺板碑」(区指定文化財);
- 氷川神社(目黒区八雲)社蔵文書(栗山家寄託文書);
- 《新編武蔵風土記稿》荏原郡衾村条;
- 東京国立博物館キリシタン遺物コレクション目録;
- 新井白石《西洋紀聞》(国立国会図書館デジタルコレクション);
- カトリック碑文谷教会公式史料;
- 《市郡合併記念 碑衾町誌》(碑衾町役場,1932年10月1日)——国立国会図書館デジタルコレクション可線上查閲(NDL Digital Collection,請查閱);
- 東京市臨時市域擴張部『荏原郡碑衾町現状調査』(1931年);目黒区史(目黒区教育委員会)
La deuxième couche – les ressources académiques secondaires :
- 重藤魯『東京町名沿革史』(吉川弘文館,1967年);山本和夫『目黒区史跡散歩』(学生社,1992年)
- 山本和夫『目黒区史跡散歩』(学生社,1992年);
- 宮澤正典《不受不施派弾圧の歴史》(大法輪閣,1984年,建議查閱);井上智勝『近世の神社と朝廷権威』(吉川弘文館,2007年);
- 東京都神社名鑑八雲氷川神社条;目黒区郷土研究会誌
- 松田毅一《バテレンの世紀》(研究社,1986年);
- Elison, George. Deus Destroyed: The Image of Christianity in Early Modern Japan. Harvard University Press, 1988;
- 東京都目黒区史研究会編『目黒区五十年史』(1985年);人文社編集『昭和三十年代東京散歩』(古地図ライブラリー別冊,2004年)。
Niveau 3 : Tradition orale / Récits des gardiens du savoir ethnique
- 五種語源說均屬民俗傳承性質,視為文化解釋性資料。
- 「蓮華往生」故事屬民俗說話性質;
- 区教育委員会已明確揭示其政治宣傳可能性,然宣傳的具體行為人及流布機制至今是史料缺口。
- 「怪談氷川の森」——需進一步查明具體刊名及年份;
- 社傳「707年創建」屬慣用古代授権敘事,不具獨立考古佐証。
- 「剣の舞200年」的起源文書亦未見學術獨立考証。建議進一步查證原始檔案。
- 聖堂落成時「神意之顯(共時性)」的敘述屬教會傳述,視為宗教社群集體記憶資料。
- 「昭和初期呑川蛍」相關描述出自地域誌記述,需進一步核查確認原始記錄者及年份。
Lacune historiographique :
- Il n'y a aucune trace écrite des sacrifices spécifiques effectués par le « Grand Dieu Saizuo » ici. Cette théorie n'est que spéculation. Il est recommandé de vérifier davantage les fichiers originaux.
- Il n'existe aucune trace de fouilles archéologiques à la frontière entre le village de Qui et le village de la vallée de Beiwen. Il est recommandé de vérifier davantage les fichiers originaux.
- Il existe peu de documents primaires (à l'exception de la biographie du temple) sur les relations entre la famille Kira et le temple Hokkeji. Il est recommandé de consulter les archives des ruines du château de Setagaya. Il est recommandé de vérifier davantage les fichiers originaux.
- Le document gouvernemental original « La personne attachée au Japon a été exilée sur l'île de Hachijo » n'a pas encore été vérifié. Il est recommandé de vérifier davantage les fichiers originaux.
- Les enregistrements complets des conflits villageois après la conversion sont inconnus. Il est recommandé de vérifier davantage les fichiers originaux.
Les documents de première main sur les conditions de vie de Sidoti à Chechidan House restent peu étudiés. Il est recommandé de vérifier davantage les fichiers originaux. - Le procès-verbal de la réunion interne de « sélection du site pour la Vallée des Inscriptions » de l'Ordre Sali n'a pas été rendu public. Il est recommandé de vérifier davantage les fichiers originaux.
- Pour la chaîne complète de traçabilité de la collection « Korea Relics » du Musée national de Tokyo, il est recommandé de consulter les archives internes du musée. Il est recommandé de vérifier davantage les fichiers originaux.
- Le document complet de la pétition (1932-1936) concernant le différend sur le déménagement de la mairie de Beibu attend un examen détaillé. Il est recommandé de vérifier davantage les fichiers originaux.
- Il n’existe pas suffisamment de littérature sur l’étude comparative de la carte des dégâts causés par les raids aériens du quartier de Meguro (1945) et du paysage agricole d’avant-guerre. Il est recommandé de vérifier davantage les fichiers originaux.
- Pour la chronologie et les documents décisionnels du projet de canalisation de Sagawa, il est recommandé de consulter le Bureau métropolitain de construction de Tokyo ou les informations historiques sur le génie civil du quartier Meguro. Il est recommandé de vérifier davantage les fichiers originaux.



