(FRA) Honden-cho : Promenade Historique entre Mémoire Industrielle et Esprit Shitamachi à Tokyo

Découvrez l'âme industrielle de Tokyo à Honden-cho. Ce guide historique vous emmène hors des sentiers battus à Katsushika, à la rencontre des artisans, des temples oubliés et de la nostalgie de l'ère Showa qui imprègne encore chaque ruelle.

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Itinéraire d'une journée à Tokyo Honda Town
Itinéraire d'une journée à Tokyo Honda Town

Ceci est un récit de voyage historique et un guide de promenade à Honden-cho, dans l'arrondissement de Katsushika à Tokyo. À travers l'exploration de sanctuaires cachés et d'anciens canaux, cet itinéraire dévoile l'évolution d'un village industriel devenu un quartier populaire, offrant aux lecteurs une immersion authentique dans l'histoire ouvrière et le charme rétro de la capitale japonaise.

Tokyo Historical Travel Stories: Castles, Old Towns & Legends
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INTRODUCTION : L’ÂME INVISIBLE DE HONDEN-CHŌ

Dans la topographie contemporaine de Tokyo, le nom de « Honden-chō » s’est progressivement effacé des registres officiels, mais son empreinte demeure gravée dans la chair même de l’arrondissement de Katsushika. Ce quartier, lové entre les méandres du Nakagawa et du canal d’Arakawa, n’est pas une simple enclave résidentielle du « Shitamachi » ; c’est un palimpseste urbain où s’accumulent les vestiges d’une logistique impériale millénaire et les cicatrices d’un métabolisme industriel mondial. Pour le voyageur qui privilégie la profondeur historique à la consommation de sites, chaque ruelle de Tateishi révèle une transition — souvent brutale — entre la ruralité de l'ère Meiji et l'expansionnisme métropolitain du XXe siècle. Comprendre Honden-chō, c’est saisir cette tension permanente entre une périphérie sacrifiée et un centre avide, où les nécessités administratives ont forgé une identité de survie. Notre itinéraire commence là où le sacré s’ancre dans la géologie, sur les traces d’une pierre qui semble respirer au rythme des siècles.

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L’ÉNIGME DE LA « PIERRE QUI POUSSE » : TATEISHI-SAMA ET LES ROUTES ANTIQUES

Le toponyme « Tateishi » (littéralement « pierre dressée ») puise sa source dans un fragment de roche qui affleure modestement du sol. Pourtant, ce vestige est une lucarne ouverte sur le système Ritsuryō et la logistique de l'époque Kofun. Loin d'être un dépôt sédimentaire local, les analyses géologiques confirment qu'il s'agit de tuf volcanique de Boshū (Boshū-ishi), provenant de la péninsule de Boso. Sa présence ici témoigne d'une force de mobilisation exceptionnelle il y a 1 500 ans : la pierre a traversé la baie de Tokyo pour servir de borne kilométrique ou de道標 (do-shirube) sur l'ancienne route du Tōkaidō, reliant la capitale impériale aux marches de l'Est.

Au fil des époques, cette fonction de balise routière s'est parée de mysticisme. Les locaux l'ont baptisée la « pierre vivante » (Kassoseki), lui attribuant une croissance biologique calquée sur les cycles naturels.

« On dit de cette pierre qu'elle est une "pierre de vie" ; elle diminue en hiver et croît en été, résistant au temps et aux éléments, témoignant des époques révolues. » — Extrait du Shinpen Musashi Fudo Kigo (Chronique illustrée de la province de Musashi)

Cette pérennité spirituelle allait toutefois être confrontée à la violence de la modernisation hydraulique de l'ère Meiji, marquant le premier grand traumatisme spatial du quartier.

L’ÉNIGME DE LA « PIERRE QUI POUSSE » : TATEISHI-SAMA ET LES ROUTES ANTIQUES
L’ÉNIGME DE LA « PIERRE QUI POUSSE » : TATEISHI-SAMA ET LES ROUTES ANTIQUES

UNE GÉOGRAPHIE BRISÉE : LE SACRIFICE DU CANAL D’ARAKAWA

En 1911, Honden-chō fut le théâtre d'une démonstration de force administrative : la création du canal de dérivation d'Arakawa. Suite aux inondations cataclysmiques de 1910, dont les dégâts furent estimés à 1,7 % du PIB national, le gouvernement décida de protéger le cœur politique de Tokyo en orchestrant le sacrifice de sa périphérie. Ce projet redessina brutalement le paysage, forçant le déplacement de 1 300 foyers et fracturant définitivement le tissu social du hameau de Kinegawa.

Pour sauver les structures sacrées de la montée des eaux, les ingénieurs durent recourir à la technique du « Hikiya ». On pouvait alors voir des temples massifs glisser lentement sur des koro (rouleaux de bois), s'extirpant de la boue des chantiers pour rejoindre des terres plus hautes.

Patrimoine religieux et civil déplacé ou submergé :

  • Jōkō-ji (Kinegawa Yakushi) : Déplacé depuis le lit actuel du canal vers Higashi-Yotsugi.
  • Temple Risey-in : Son site originel gît désormais sous les eaux du canal.
  • Sanctuaire Suwa : Partiellement démantelé et fusionné suite à la modification du tracé fluvial.
  • École primaire Matsukawa : Détruite, marquant la fin d'une centralité éducative locale.
UNE GÉOGRAPHIE BRISÉE : LE SACRIFICE DU CANAL D’ARAKAWA
UNE GÉOGRAPHIE BRISÉE : LE SACRIFICE DU CANAL D’ARAKAWA

L’EMPIRE ÉPHÉMÈRE DU CELLULOÏD : DU CAMPHRE AUX JOUETS MONDIAUX

Dépouillés de leurs terres arables par le canal, les habitants de Honden-chō opérèrent une mutation radicale, passant du statut de paysan à celui d'artisan de précision. En 1914, l’usine de Celluloïd Chigusa s’installa à Shibuya, exploitant le camphre bon marché importé de Taïwan. Rapidement, le quartier devint le pivot d'une chaîne d'approvisionnement mondiale. Une odeur médicinale et pointue, celle du camphre, imprégna alors chaque recoin de Honden-chō, s'accrochant aux vêtements des familles impliquées dans le système du Shitauke (sous-traitance à domicile).

Caractéristiques

Ère du Celluloïd (1914 - 1950)

Ère du Plastique Moderne

Matière première

Camphre et nitrocellulose (Naturel/Colonial)

Résines synthétiques (Pétrochimie)

Mode de production

Ateliers familiaux, main-d'œuvre intensive

Automatisation, moulage par injection

Risques industriels

Hautement inflammable, incendies fréquents

Conforme aux normes de sécurité modernes

Produits phares

Poupées Kewpie, peignes, décorations

Objets de consommation de masse

Cette ascension économique fulgurante allait donner au quartier le poids nécessaire pour revendiquer son statut de centre administratif.

L’EMPIRE ÉPHÉMÈRE DU CELLULOÏD : DU CAMPHRE AUX JOUETS MONDIAUX
L’EMPIRE ÉPHÉMÈRE DU CELLULOÏD : DU CAMPHRE AUX JOUETS MONDIAUX

LE SIÈGE DU POUVOIR ET LES CICATRICES DU FEU

La création de l'arrondissement de Katsushika en 1932 déclencha une lutte d'influence entre le vieux centre commercial de Shinjuku-machi et le pôle industriel de Honden-machi. Ce dernier l'emporta, incarnant la modernité productive de Tokyo. En 1937, une mairie imposante fut érigée à青砥耕地 (Aoto Kōchi), un site où, quelques années plus tôt, les lucioles dansaient encore dans les zones humides durant l'été. Ce bâtiment marquait l'entrée triomphale de la civilisation administrative dans les marais.

L'histoire fut cependant brève. En février 1945, les bombardements alliés réduisirent l'édifice en cendres, emportant avec lui les archives foncières et civiles, créant un vide documentaire qui hante encore la mémoire locale. Aujourd'hui, l'emplacement de cette première administration est occupé par la bibliothèque de Tateishi, un lieu qui perpétue la fonction publique sur les cendres du passé.

LE SIÈGE DU POUVOIR ET LES CICATRICES DU FEU
LE SIÈGE DU POUVOIR ET LES CICATRICES DU FEU

SANG, ALCOOL ET MÉTABOLISME URBAIN : L'ORIGINE DU « SENBERO »

Dans les années 1950, Tateishi devint le cadre d'un cycle métabolique saisissant de rudesse. Le quartier abritait le siège de « 日本製薬 » (Nichiyaku), une banque de sang privée que les habitants surnommaient simplement le « Banku ». Chaque matin, des centaines de travailleurs précaires venaient y vendre 200cc de leur sang pour 400 yens.

Affaiblis par cette extraction, ces hommes se dirigeaient immédiatement vers les échoppes de la gare pour consommer des abats grillés (Motsuyaki) et de l'alcool fort. La proximité des abattoirs de Kinegawa permettait une fourniture constante en protéines bon marché, essentielles pour compenser l'anémie. Ce cycle « Sang-Argent-Abats-Alcool » est la racine sombre de la culture Senbero (s'enivrer pour mille yens). Plus frappant encore, un débat à la Diète en 1966 révéla que la gamma-globuline extraite de ce sang local était massivement exportée pour soigner les troupes américaines durant la guerre du Vietnam, liant les ruelles de Tateishi à la géopolitique de la Guerre froide.

SANG, ALCOOL ET MÉTABOLISME URBAIN : L'ORIGINE DU « SENBERO »
SANG, ALCOOL ET MÉTABOLISME URBAIN : L'ORIGINE DU « SENBERO »

TRÉSORS CACHÉS POUR LE VOYAGEUR HISTORIEN

Lors de votre exploration, ne manquez pas le Monument du Celluloïd situé dans le parc Shibue, édifié à l'endroit précis où l'usine Chigusa initia la révolution industrielle du quartier. Pour une immersion dans le temps long, visitez l'enclos de Tateishi-sama (Tateishi Jidō Yūen) : la pierre sacrée y repose toujours, ceinte de ses piliers de pierre, défiant la densification urbaine environnante par sa simple présence millénaire.

RÉFLEXION FINALE ET PERSPECTIVES

L’histoire de Tateishi et de Honden-chō nous enseigne que la ville est un organisme aux fonctions métaboliques complexes. Ce quartier n’a cessé de transformer des éléments extérieurs — tuf antique, camphre colonial, ou sang humain — en une forme de vitalité résiliente. En marchant ici, on comprend que l'identité d'un lieu ne réside pas dans sa permanence physique, mais dans sa capacité à intégrer les ruptures (inondations, incendies, mutations industrielles) pour en faire un nouveau terreau culturel.

Pour approfondir votre compréhension des strates invisibles de l'histoire urbaine, nous vous invitons à vous abonner à nos chroniques.

ORGANISER VOTRE EXPLORATION

Comment s'y rendre : Ligne Keisei Oshiage jusqu'à la station Keisei-Tateishi. Le quartier est une zone de marche par excellence.

Où loger : Pour une immersion totale, privilégiez les établissements traditionnels de l'Est de Tokyo ou les options modernes à proximité de la station Oshiage.

Parcours recommandé :

  1. L'Origine : Enclos de Tateishi-sama pour saluer la pierre antique.
  2. Le Sacrifice : Marche sur la digue d'Arakawa pour contempler l'ampleur du génie civil.
  3. L'Industrie : Parc Shibue et son monument du Celluloïd.
  4. La Survie : Fin de journée dans la Nakamise Shopping Street pour expérimenter l'authentique culture du Senbero.

Q & A

Quel est le lien historique entre le sang et l'alcool à Tateishi ?

Le lien historique entre le sang et l'alcool à Tateishi, situé dans l'ancien district de Honden-chō, repose sur un cycle métabolique et économique unique né durant la période de reconstruction après la Seconde Guerre mondiale.

Voici les piliers de cette relation historique :

1. La « Banque de sang » comme source de revenus

Dans les années 1950, le Japon ne possédait pas encore de système de don de sang volontaire. L'entreprise 日本製藥 (Nichiyaku), située à Tateishi, exploitait la plus grande banque de sang commerciale du pays.

  • Chaque jour, entre 600 et 1 000 personnes (souvent des travailleurs journaliers ou des personnes marginalisées) venaient y vendre leur sang.
  • Vendre 200 cc de sang rapportait environ 400 yens, ce qui équivaut à environ 8 000 yens aujourd'hui, une somme considérable pour l'époque.

2. Le cycle physiologique : Perte de sang et « Motsuyaki »

Après l'extraction, les donneurs étaient souvent affaiblis et anémiés. Leur première étape après avoir reçu leur argent était de se rendre dans les ruelles adjacentes à la gare de Tateishi, comme le Nonbe Yokocho (l'allée des ivrognes).

  • Récupération nutritionnelle : Ils utilisaient cet argent pour consommer du Motsuyaki (brochettes d'abats grillés), une source de protéines très bon marché et riche, idéale pour « refaire leur sang » après la vente.
  • Consommation d'alcool : Ils accompagnaient ces plats de shochu (alcool distillé) bon marché pour oublier la dureté de leur quotidien.
  • Ce cycle « perte de sang — argent — consommation d'abats — alcool » est considéré comme l'origine de la célèbre culture « Senbero » de Tateishi (l'art de s'enivrer pour seulement 1 000 yens).

3. La connexion industrielle locale

Cette culture a pu prospérer grâce à la proximité du district de Kinegawa, un centre de l'industrie du cuir possédant des abattoirs. Les abats d'animaux, qui n'entraient pas dans le circuit de vente au détail classique, étaient livrés aux bars de Tateishi à des prix dérisoires, soutenant ainsi ce système de survie des classes populaires.

4. Un lien avec la géopolitique mondiale

L'histoire du sang à Tateishi a également un versant sombre lié à la guerre froide. En 1966, il a été révélé devant le Parlement japonais que les produits dérivés (Gamma globuline) issus de ce « sang des pauvres » collecté à Tateishi étaient massivement exportés pour l'armée américaine durant la guerre du Vietnam.

Aujourd'hui, bien que la vente de sang ait cessé en 1990 et que l'usine Nichiyaku ait été remplacée par l'administration fiscale de Katsushika, les bars de l'époque ont survécu, faisant de Tateishi un lieu de pèlerinage pour les amateurs de l'atmosphère « rétro » de l'ère Showa.

Comment l'industrie du celluloïd a-t-elle transformé le paysage d'Honden-chō ?

L'industrie du celluloïd a radicalement transformé Honden-chō, faisant passer ce quartier d'un village agricole périphérique à un centre industriel mondial au début du XXe siècle. Cette métamorphose s'est manifestée par plusieurs changements profonds dans le paysage physique, social et économique du district :

1. La naissance d'un pôle industriel (1914)

La transformation a débuté en 1914 avec l'installation de la fábrica de celluloïd Chigusa, fondée par l'entrepreneur Minoru Chigusa. Profitant de l'accès privilégié au camphre bon marché en provenance de Taïwan (alors colonie japonaise) et de l'arrêt des usines européennes durant la Première Guerre mondiale, Honden-chō a capté une part massive du marché mondial du jouet.

2. Une transformation urbaine sensorielle et structurel

leLe paysage urbain s'est métamorphosé en un réseau dense de micro-ateliers familiaux (système de sous-traitance appelé shitauke).

  • Densité : Dans les années 1930, des milliers de petits ateliers étaient répartis dans chaque ruelle de Honden-chō et d'Okudo. On comptait environ 2 000 boutiques de travail à domicile dans le district de Katsushika vers 1955.
  • Identité sensorielle : Le paysage quotidien était marqué par une odeur distinctive de camphre qui émanait des processus de transformation chimique présents dans presque chaque ruelle.
  • Spécialisation : Chaque étape de production (découpe, soufflage, coloration, assemblage) était répartie entre différents petits ateliers, créant un paysage industriel fragmenté mais hautement efficace.

3. Métamorphose sociale : des agriculteurs aux artisans

L'industrie du celluloïd a offert une issue économique vitale aux habitants. Suite à la construction du canal de dérivation d'Arakawa, qui a englouti de vastes terres fertiles, de nombreux agriculteurs locaux ont perdu leur gagne-pain. Ces derniers se sont alors massivement reconvertis en artisans industriels, intégrant la chaîne de production de jouets exportés mondialement, comme les célèbres poupées « Kewpie » envoyées aux États-Unis.

4. Héritage technique et paysager moderne

Bien que le celluloïd ait été remplacé par des plastiques modernes (PVC) en raison de sa haute inflammabilité, cette industrie a laissé une empreinte durable :

  • Technologie : Les techniques de précision pour les moules et la peinture développées à l'époque du celluloïd sont la raison pour laquelle des géants du jouet comme Takara Tomy sont toujours implantés dans la région.
  • Commémoration : Le paysage actuel conserve des traces de cette épopée, notamment avec le « Monument commémoratif de la naissance de l'industrie du celluloïd de Katsushika » situé dans le parc Shibue (l'ancien site de l'usine Chigusa).

En résumé, le celluloïd a permis à Honden-chō de se réinventer après la destruction de ses terres agricoles, créant un paysage de « ville-usine » à l'échelle humaine qui a soutenu l'économie japonaise d'avant et d'après-guerre.

Références et suite de la lecture

  1. 本田町 - accessed April 24, 2026, 
  2. 葛飾区史 - 東京 - 葛飾区史|第2章 葛飾の歴史, accessed April 24, 2026, 
  3. 香取神社【三社明神】 - 東京都神社庁, accessed April 24, 2026, 
  4. 葛飾区の町名 - accessed April 24, 2026, 
  5. 第2章 葛飾区の歴史, accessed April 24, 2026, 
  6. 葛飾区史|第3章 近代化への道(明治~戦前), accessed April 24, 2026, 
  7. 11 立石 - 葛飾区史|第3章 地域の歴史, accessed April 24, 2026, 
  8. 葛飾区の立石様 - 日本実業出版社, accessed April 24, 2026, 
  9. 立石様|立石地名の由来となった奇石 - 葛飾区の名所旧跡 - 猫の足あと, accessed April 24, 2026, 
  10. 【こ】 古代では 立石様が 道しるべ|葛飾区公式サイト, accessed April 24, 2026, 
  11. 明治・大正・昭和期に行われた荒川放水路開削工事と 市民の生活, accessed April 24, 2026, 
  12. 荒川放水路変遷誌[PDF - 関東地方整備局, accessed April 24, 2026, 
  13. 皮革関連産業の歴史と木下川小学校 - FC2, accessed April 24, 2026, 
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  24. 葛飾区史|第3章 地域の歴史, accessed April 24, 2026, 
  25. 葛飾区立立石図書館 - accessed April 24, 2026, 
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