Takaido, Tokyo : cinq relevés sur une route qui ne se voit plus
Découvrez l'histoire méconnue de Takaido à Tokyo à travers cinq récits captivants : son relais sur la route d'Edo, ses légendes locales, la rivière Kanda et la guerre des ordures, au fil d'un guide de promenade historique.

Histoires de voyage et de mémoire · Takaido (高井戸), arrondissement de Suginami, Tokyo · édition française
Ceci est un récit de voyage historique et un guide de promenade à Takaido, dans l'arrondissement de Suginami à Tokyo. À travers cinq histoires surprenantes, il explore l'ancien relais de la route Kōshū Dōchū, les traditions des temples, l'aménagement de la rivière Kanda et la « guerre des ordures » de Tokyo. Une immersion à pied pour redécouvrir la mémoire fascinante cachée sous la ville moderne.
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À Takaido, à l’ouest de Tokyo, un bâtiment en béton armé achevé en 1926 figure parmi les constructions historiques sélectionnées par la métropole (n° 37), et le bois qui l’entoure est protégé par l’arrondissement. On y vit encore : c’est une maison pour personnes âgées. Elle avait été pensée pour des vieillards qu’un tremblement de terre avait laissés sans rien ; pendant la guerre, l’armée s’y est installée, et un témoin dit que son service y déchiffrait des codes.
Trois vies pour une seule bâtisse. Pour comprendre comment une bourgade de potagers et de cèdres en est arrivée là, il faut remonter à un petit tertre qui n’existe plus, à quatre lieues de Nihonbashi.
Premier relevé : la borne ensevelie
La route du Kōshū (Kōshū Dōchū, 甲州道中) était l’un des cinq grands chemins du shogunat Tokugawa. Elle partait du pont de Nihonbashi, point zéro d’Edo, passait par Naitō-Shinjuku, Takaido, Fuchū et Hachiōji, gagnait Kōfu et poursuivait vers Shinano. On y croisait les seigneurs des domaines de Takashima, de Takatō et d’Iida, les officiers du shogunat en poste à Kōfu et les fonctionnaires qui allaient de l’un à l’autre.
Un Français pensera aussitôt aux relais de poste et aux bornes milliaires. La mesure est d’ailleurs presque la même : Takaido se trouvait à quatre ri de Nihonbashi, soit environ seize kilomètres, c’est-à-dire à peu près quatre lieues de poste. (Le rapprochement est le mien.) Avant l’apparition de Naitō-Shinjuku, c’était le premier relais en sortant d’Edo.
La notice que l’arrondissement de Suginami a fait poser à Shimo-Takaido (下高井戸), le long de l’ancienne route, explique qu’il y avait là un ichirizuka (一里塚), un tertre de cinq ken de côté et d’environ trois mètres de haut, surmonté d’un enoki (un micocoulier), à partir duquel le voyageur calculait la distance parcourue et ce qu’il devait payer. La dernière ligne dit où il est aujourd’hui : en face, sous l’autoroute.
Pierre Nora appelait « lieux de mémoire » ces endroits où la mémoire ne vit plus d’elle-même et que l’on balise. Ici, c’est presque littéral : le panneau marque l’emplacement d’un repaire que plus personne ne voit.
Shinjuku, aujourd’hui synonyme de néons et de tours, veut dire « nouvelle étape ». Selon l’arrondissement de Shinjuku, le trajet jusqu’à Takaido était trop long pour les voyageurs, d’où la demande d’un relais intermédiaire. Les histoires de vulgarisation ajoutent que les demandeurs étaient des marchands d’Asakusa, que l’autorisation fut accordée en 1698 et qu’une redevance de 5 600 ryō fut versée ; je n’ai pu rattacher ces détails qu’à des ouvrages de vulgarisation. L’année d’ouverture est donnée tantôt comme 1698, tantôt comme 1699 ; le relais ferma en 1718 et rouvrit en 1772.
The 16-Kilometer Blister That Built Shinjuku
Ce qui m’intéresse davantage, c’est l’organisation. Takaido-juku (高井戸宿) était un aishuku (合宿), un relais en commun : deux villages, Shimo-Takaido (le bas) et Kami-Takaido (le haut), l’assuraient à tour de rôle. Le bas le tenait la première quinzaine de chaque mois, le haut la seconde. Une intercommunalité avant la lettre, dirait-on ; le mot est de moi, pas des sources. La tradition place la honjin, l’auberge officielle des voyageurs de rang, de Kami-Takaido sur le côté nord de la route, près de l’actuel carrefour de Kampachi (le boulevard périphérique n° 8), et celle de Shimo-Takaido sur le côté sud, en face du temple Kakuzō-ji. Dans les deux cas, ce n’est qu’un « on dit ». Je n’ai rien trouvé de plus ferme.
Un relais né de ce que la ville avait ses limites trop loin, et qui perdit son rang de premier quand on en plaça un plus près. Ce qui lui est resté, c’est le tour de rôle.
Ancrage sensoriel (Holographic Sensory Cue). Devant la notice, on ne peut vérifier de ses yeux que deux choses : la voie surélevée au-dessus de soi et la phrase qui place le tertre en face. Le micocoulier et la terre, c’est le panneau qui les garde en mots. (La première est observable ; la seconde est reconstituée à partir du texte.)
Nœud de résonance (Resonance Node). La notice de l’ichirizuka, à Shimo-Takaido 1-41-12.

Deuxième relevé : un Fudō qui change d’adresse
Sōgen-ji (宗源寺), un temple de l’école Nichiren à Shimo-Takaido, fut fondé au début de l’ère Keichō (vers 1596-1614) par un moine nommé Nissen, d’après une inscription écrite par le géographe Shiga Shigetaka (志賀重昂), paroissien du temple. Shiga est l’auteur de Nihon Fūkei-ron (1894), un livre qui voulait apprendre aux Japonais à regarder leurs propres montagnes et leurs rivières. Il est enterré là.
Le temple abrite aussi une salle de Fudō (le Roi de Sagesse immobile) qui ne lui a pas toujours appartenu. Elle dépendait de Honkaku-in, un temple voisin de la tradition du Shugendō, la religion ascrétique de montagne dont les pratiquants, les yamabushi, s’entraînaient dans les monts et accomplissaient des rites dans les villages. En 1872, Honkaku-in fut fermé ; la même année, l’État abolit la secte du Shugendō. Ses pratiquants devinrent officiants shinto ou moines bouddhistes, ou retournèrent à la terre. La salle de Fudō fut transférée à Sōgen-ji en 1911 et reconstruite en 1967.
Une légende toponymique s’y attache. On dit que la salle se dressait en hauteur et s’appelait Takai-dō, « la salle haute », et que « Takaido » en viendrait. L’arrondissement dit seulement « on raconte aussi », et je n’ai trouvé aucune source fiable pour le confirmer : je le consigne comme tradition.
The Shrine Saved By A Bureaucratic Loophole
Le fil se poursuit à quelques pas, à Takaido-nishi, au temple Kisshō-in (吉祥院). En 1875, un ascète de Kami-Takaido, Namiki Takuzen (並木卓善), dévot de Fudō, constitua avec d’autres une confrérie laïque, la Shinsei-kō, et voulut lui bâtir un temple. Le nouveau pouvoir n’admettait pas la fondation de temples. On en fit donc venir un : le Kisshō-in de Yanaka, de l’école Tendai, un temple de la ville ancienne, sous son deuxième abbé Enomoto Kōkyō (榎本晃恭), fut transféré à Takaido en 1883, après accord de ses fidèles. Le bâtiment principal est un Jigen-dō accordé à l’époque d’Edo par le Kan’ei-ji d’Ueno et remonté ici depuis Yanaka. Devant lui s’élève le tertre aux images.
Posons les dates côte à côte. 1872 : on interdit toute une pratique. 1875 : un ascète forme une confrérie. 1883 : un temple de la ville reçoit les images. Le lecteur français pensera à la Révolution et aux confréries dissoutes puis reconstituées sous d’autres formes. Le parallèle est très lointain et il est de moi, comme la lecture conjointe des deux notices de l’arrondissement : aucune source ne dit que les choses se soient passées ainsi.
Ancrage sensoriel (Holographic Sensory Cue). Selon la notice de l’arrondissement, les images sont alignées les unes après les autres sur le tertre de Kisshō-in. On peut les compter soi-même.
Nœud de résonance (Resonance Node). La salle de Fudō de Sōgen-ji, ainsi que le Jigen-dō et le tertre de Kisshō-in.

Troisième relevé : une averse peinte
Takaido fut un pays de bois et de maraîchage. Son cèdre, le Takaido maruta (aussi Yotsuya maruta), était débité en perches écorcées, et l’histoire locale de l’arrondissement le loue comme un bois souple, excellent pour les cannes. Dès le milieu de l’ère Meiji, les villages de Kami et de Shimo-Takaido furent réputés pour le concombre Takaido fushinari, qui noue un fruit à chaque nœud, une spécialité qui dura jusqu’au milieu de l’ère Shōwa.
Le train vint d’abord. En 1913, le Tramway électrique de Keiō ouvrit sa ligne dans le district, avec la gare de Kami-Takaido (aujourd’hui Roka-kōen) et celle de Matsuzawa (aujourd’hui Hachimanyama). Puis vint la récession de l’après-Première Guerre mondiale et, en 1923, le Grand séisme du Kantō. L’arrondissement relate qu’après le séisme la zone se tourna vite vers l’habitat et que les cèdraies disparurent. Un lecteur français songera aux lotissements pavillonnaires des années 1920 et à la loi Loucheur ; la comparaison est la mienne.
The Earthquake That Paved A Forest
Le Musée d’histoire locale de Suginami a choisi pour emblème un tableau de l’ère Taishō de Takahashi Shōtei (高橋松亭) : Takaido no Yūdachi, « Averse du soir à Takaido ». Le musée est franc : ce n’est pas la vue d’un lieu précis, mais une image de Takaido peinte de souvenir. Sous Taishō, donc, quelqu’un peignait déjà le Takaido qui s’en allait : un lieu de mémoire sans lieu.
Ancrage sensoriel (Holographic Sensory Cue). Une perche de cèdre plie dans la main : c’est pourquoi les registres la disent bonne pour les cannes. (La propriété du bois est documentée ; ce que l’on sent dans la main est reconstitué.)
Nœud de résonance (Resonance Node). Les champs et les stands de vente directe qui subsistent à Kami-Takaido (emplacements exacts à confirmer sur place) et, hors de Takaido, le tableau du musée, à Ōmiya 1-chōme.
Le même séisme fit autre chose à Takaido.

Quatrième relevé : un hospice pour les vieillards du séisme
Après le séisme du 1er septembre 1923, une enquête du ministère de l’Intérieur de septembre 1924 dénombra 654 personnes à secourir, dont 586 âgées de soixante ans ou plus. On pensa d’abord les confier à la Dōjunkai, la fondation créée pour le logement après le séisme ; un projet du 16 juillet 1924 fut mis de côté, et le 23 septembre, le ministère choisit de créer une autre fondation. La Yokufūkai (浴風会) fut constituée le 15 janvier 1925. Celui qui la fonda et celui qui l’autorisa étaient le même homme, le ministre de l’Intérieur Wakatsuki Reijirō (若槻禮次郎). Elle démarra avec deux millions de yens : 500 000 d’un don impérial et 1,5 million de dons.
Le terrain, à Kami-Takaido 848, couvrait environ 27 000 tsubo (une autre source dit 28 000) et fut acheté le 24 septembre 1925. Je n’ai trouvé aucune explication officielle du choix de Takaido ; une source de vulgarisation dit seulement que le terrain était vaste. L’édifice est attribué à Uchida Yoshikazu (内田祥三), le jeune Toki Tatsuto (土岐達人) faisant le travail de dessin. Achevé en 1926, il est en béton armé, à deux étages et un troisième en partie, et les premiers résidents y entrèrent le 1er février 1927.
Parmi les premiers résidents, peu venaient des abris du séisme. Des gestionnaires écrivirent plus tard que ce n’était pas une institution de secours, et n’admirent que ceux qu’ils jugeaient convenir. Une chercheuse lit dans la fondation la pensée sociale du ministère de l’Intérieur : de la famille au voisinage, puis au local, et seulement ensuite à l’État. C’est son interprétation, non un règlement.
Tokyo S Stolen Earthquake Sanctuary
À partir de septembre 1942, l’armée loua l’aile est à son Bureau central d’investigation des communications, et en juillet 1945 presque tous les bâtiments étaient à usage militaire ; une partie des pensionnaires fut évacuée vers Urawa et Tochigi. Selon un récit paru dans le bulletin de la fondation elle-même, un ancien élève officier se rappelait que l’unité déchiffrait des codes, et que le site figurait en blanc sur une carte américaine, comme zone à ne pas bombarder. La Yokufūkai ne fut, de fait, pas bombardée ; la raison est inconnue. L’histoire de la carte en blanc est le témoignage d’un seul homme, non vérifié. Après la reddition, les bâtiments revinrent endommagés, et les actions de la Compagnie du chemin de fer de Mandchourie du Sud que détenait la fondation ne valaient plus rien.
Un bâtiment résistant au feu, élevé pour les vieillards rescapés d’une catastrophe, devint un bureau secret, et eux furent déplacés. Il traversa deux désastres et changea deux fois de destination. Aujourd’hui, le bâtiment principal est une construction historique sélectionnée par le Gouvernement métropolitain de Tokyo (n° 37), la verdure du domaine est un bois protégé de l’arrondissement, et c’est toujours une maison en activité.
Ancrage sensoriel (Holographic Sensory Cue). Les arbres sont protégés, ce qui est consigné ; sous eux, le 1er février 1927, entrèrent les premiers résidents. (La seconde moitié est reconstituée.)
Nœud de résonance (Resonance Node). Le bâtiment principal de la Yokufūkai, Takaido-nishi 1-chōme. (Le séisme qui planta la maison contribua aussi, selon l’arrondissement, à faire disparaître les cèdraies ; ce rapprochement est celui de cet article.)

Cinquième relevé : neuf ans de boîtes de conserve
Le 14 novembre 1966, les habitants de Takaido apprirent, par un prospectus glissé dans les journaux, que le Gouvernement métropolitain de Tokyo comptait construire là l’Usine de nettoiement de Suginami. Il n’y avait eu aucune concertation. Cinq jours plus tard, une ligue d’opposition existait ; en une semaine elle avait recueilli quelque 20 000 signatures. Les procédures d’expropriation commencèrent en août 1968, et en octobre, quand l’équipe de relevé métropolitaine arriva, les habitants la bloquèrent. D’après le récit de l’arrondissement, ils avaient installé un poste de guet dans la tour d’un practice de golf et tapaient sur des boîtes de conserve pour appeler les voisins. On pensera aux charivaris d’autrefois et aux casserolades d’aujourd’hui ; le rapprochement est de moi.
La querelle n’était pas qu’à Takaido. La plus grande partie des ordures de Tokyo allait à l’arrondissement de Kōtō. Le 28 septembre 1971, le gouverneur Minobe Ryōkichi (美濃部亮吉) proclama la « Guerre des ordures de Tokyo » ; le 22 décembre 1972, Kōtō empêcha les camions d’ordures de Suginami d’entrer, et recommença le 22 mai 1973.
Nine Years Of Tin Cans
Le 26 février 1972, il y eut un mémorandum : pas d’expropriation forcée. Le 23 mai 1973, le Gouvernement métropolitain décida de nouveau de construire à Takaido. Le 25 novembre 1974, le tribunal de district de Tokyo proposa un accord, et neuf ans d’affrontement prirent fin. Les travaux commencèrent en 1979 ; la première usine fut terminée en 1982, avec sa voie d’accès sous Kampachi ; elle entra en pleine activité le 1er janvier 1983, et le Centre citoyen de Takaido ouvrit le 1er avril. L’usine fut reconstruite et rouverte en 2017, avec le Musée de l’histoire et de l’avenir de la Guerre des ordures de Tokyo et un bain de pieds chauffé par la chaleur résiduelle.
Les habitants résistèrent neuf ans et finirent sur un accord proposé par le tribunal ; il y a aujourd’hui une statue d’enfant dans le centre citoyen. Mais c’est le récit de l’arrondissement. Les gens de Kōtō, qui portaient la charge la plus lourde en ces années, ont leur propre mémoire, que je n’ai pu vérifier dans leurs sources.
Ancrage sensoriel (Holographic Sensory Cue). La chaleur du bain de pieds vient de la combustion des déchets : c’est la description officielle de l’arrondissement. Ce que l’on ressent en s’y asseyant, à vous de le découvrir.
Nœud de résonance (Resonance Node). L’Usine de nettoiement de Suginami et son musée.

Takaido aujourd’hui
On ne trouve pas l’histoire de Takaido en la cherchant. Le tertre est sous l’autoroute, les maisons ont remplacé les cèdres, et la maison de retraite comme l’usine d’ordures fonctionnent toujours. Il reste une notice, deux temples, un bâtiment de 1926 et une usine en service quotidien.
La notice dit que le tertre est en face. Elle est là où elle est, et montre un endroit que personne ne voit. La première quinzaine du mois, c’était au tour de Shimo-Takaido ; la seconde, à celui de Kami-Takaido.
Accéder au lieu (Accessing the Physical Node)
- Notice de l’ichirizuka : Shimo-Takaido 1-41-12, Suginami, le long de l’ancienne route Kōshū ; en plein air, toujours visible.
- Sōgen-ji : Shimo-Takaido 4-2-3. Kisshō-in : Takaido-nishi 1-5-44. Ce sont deux temples en activité ; on s’y comporte comme dans tout lieu de culte.
- Bâtiment principal de la Yokufūkai : Takaido-nishi 1-12-1. Une maison pour personnes âgées en activité ; je n’ai pu confirmer que le domaine soit ouvert aux visiteurs, renseignez-vous donc d’abord et respectez les résidents.
- Usine de nettoiement de Suginami et musée de la Guerre des ordures : Takaido-higashi 3-7-6 (〒168-0072). Selon l’arrondissement (page mise à jour le 15 mars 2026), ouvert de 9 h à 16 h, fermé le dimanche et pendant les fêtes de fin d’année ; accès interdit en voiture et en deux-roues motorisé. Consultez le site pour les horaires et fermetures du bain de pieds.
- Musée d’histoire locale de Suginami (Ōmiya 1-20-8) : une maquette de Kami-Takaido-juku et le tableau emblème. Vérifiez les expositions et le tarif.
- Gares : Takaido, sur la ligne Keiō Inokashira ; Shimo-Takaido, sur la ligne Keiō et la ligne Setagaya de Tōkyū. Je n’ai pas vérifié les temps de marche entre les points ; utilisez une carte.
💡 Q & A
Q1 | Comment fonctionnait Takaido-juku sur la route du Kōshū Dōchū et pourquoi Naitō-Shinjuku a-t-il remplacé son rôle de premier relais ? (Route Kōshū Dōchū et système de relais aishuku)
Answer: Les archives historiques indiquent que Takaido-juku servait à l'origine de premier relais (shukuba) depuis Edo sur la route du Kōshū Dōchū, situé à quatre ri (environ seize kilomètres) de Nihonbashi. Ce trajet s'avérant trop éprouvant pour les voyageurs, le shogunat Tokugawa a autorisé vers 1698-1699 la création de Naitō-Shinjuku plus près de la ville, reléguant Takaido au rang de second relais. Takaido-juku fonctionnait selon le système d'aishuku (relais commun), où les villages de Kami-Takaido et Shimo-Takaido alternaient sa gestion par quinzaines afin de partager la charge administrative et de transport.
Q2 | Le toponyme de Takaido dérive-t-il historiquement de la légende du pavillon Fudō du temple Sōgen-ji ? (Origine du toponyme et histoire du Shugendō)
Answer: La tradition orale locale suggère que le nom de Takaido provient d'un pavillon situé en hauteur nommé "Takai-dō" et dédié à Fudō. Néanmoins, les documents d'archives et les analyses historiques officielles traitent cette affirmation comme une croyance populaire non confirmée. Le pavillon Fudō appartenait à l'origine au temple Shugendō Honkaku-in, fermé à la suite du décret de 1872 de l'ère Meiji interdisant l'ascétisme montagnard, puis a été transféré au temple Sōgen-ji en 1911 sans qu'aucune preuve documentaire ne rattache directement son origine à l'étymologie de Takaido.
Q3 | Comment le temple Kisshō-in a-t-il contourné la réglementation de l'ère Meiji pour être transféré à Takaido ? (Interdictions de l'ère Meiji et transfert du temple Kisshō-in)
Answer: En 1875, le pratiquant de la montagne Namiki Takuzen a formé une association religieuse laïque (Shinsei-kō) à Kami-Takaido pour élever un sanctuaire à Fudō Myōō, mais les lois du gouvernement Meiji interdisaient strictly la construction de nouveaux temples bouddhistes. Pour contourner cette restriction légale, les fidèles ont organisé en 1883 le transfert complet d'un temple Tendai existant, le Kisshō-in de Yanaka (Tokyo), vers Takaido. Son bâtiment principal actuel est le Jigan-dō, initialement offert par le temple Kan’ei-ji d'Ueno pendant l'époque d'Edo.
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🗺️Références et suite de la lecture📖
Première strate – Principales sources de littérature et institutions :
- [R1] 杉並区: 区の沿革 (Suginami Ward history; 1889 villages, 1932 incorporation)
- [R3] 杉並区: 京王線沿線まちづくりニュース 第3号 (aishuku system, honjin sites, 高井戸丸太, Keiō 1913)
- [R4] 杉並区: 甲州道中一里塚跡 (marker text)
- [R5] 新宿区: 新宿区について (Naitō-Shinjuku founding)
- [R9] 杉並区: 宗源寺 (marker text)
- [R10] 杉並区: 吉祥院 (marker text)
- [R11a] Edo-Tokyo Museum Digital Archives: 修験宗廃止につき太政官布達 (1872)
- [R14] 東京都都市整備局: 歴史的建造物 (浴風会本館, selection no. 37)
- [R16] 杉並区: 東京ごみ戦争
- [R17] 杉並区: 区の歩み 年表 (1968 expropriation; 1972 Kōtō blockade)
- [R18] 杉並区: 杉並清掃工場 施設案内 (address, hours, 歴史みらい館)
- [R21] 杉並区立郷土博物館: 常設展示室 (高橋松亭《高井戸の夕立》)
- [R25] 杉並区: 指定文化財 有形民俗文化財 (板絵着色西国巡礼図, 長泉寺)
- [R8] Bibliographic records only (not read): 杉並区教育委員会『甲州道中「高井戸宿」』1981, CiNii; 杉並区立郷土博物館『すぎなみの地域史 II 高井戸』2019, NDL
La deuxième couche – les ressources académiques secondaires :
- [R12] 岡本多喜子「関東大震災の義捐金処分と浴風会の創設」(Meiji Gakuin; funding, site, staff, wartime)
- [R13] 文京学院大学紀要 (浴風園の沿革; 1925 site decision)
- [R11b] 林淳「明治五年修験宗廃止令をめぐる一考察」(2002), catalogue record (not read); 群馬県: 1872 修験道廃止令の説明
- [R15] Kotobank: 志賀重昂 (biography)
- [R17b] 大阪大学リポジトリ: 志賀重昂論 (death date 6 April 1927)
- [R18b] 国立国会図書館 Kaleido: 志賀重昂 (death March 1927)
- [R6] 財務省「ファイナンス」2024年1月号: 新宿区 (opening 1699, abolished 1718, revived 1772)
- [R7] 幻冬舎GOLD ONLINE: 内藤新宿 (1698 petition); nippon.com: 内藤新宿と四谷大木戸
- [R22] すぎなみ学倶楽部: 地名資料 (小島郷 speculation)
Troisième couche – Informations complémentaires :






