Wadahori-machi, Tokyo : la ville disparue qui gardait la poudre, les morts et l’eau

Dans l’arrondissement tokyoïte de Suginami, un nom n’a vécu comme ville que six ans : Wadahori. Sur son sol se sont succédé une tombe de l’époque Yayoi, un dépôt de poudre du shogunat, les morts de Tsukiji et les canalisations qui nourrissaient la capitale.

Share
Wadahori-machi, Tokyo : la ville disparue qui gardait la poudre, les morts et l’eau
🗺️ Bienvenue sur Historical Travel Stories. Oubliez les itinéraires touristiques superficiels ; nous proposons des explorations géo-historiques approfondies, fondées sur des sources officielles (vérifiées selon un processus de recherche en quatre étapes) et enrichies de courtes vidéos. Chaque jour, nous dévoilons gratuitement une pépite urbaine cachée — un lieu secret ignoré même des habitants.
💡 Rejoignez une communauté de voyageurs avertis. Il vous suffit de saisir votre adresse e-mail pour accéder instantanément à des audioguides et à des itinéraires d'une journée, et pour emporter avec vous nos cartes exclusives de promenades historiques.
Tokyo Historical Travel Stories: Castles, Old Towns & Legends
Explore Tokyo through historical travel stories and guides. Discover castles, old towns, rivers and local legends across the country.

Ceci est un récit historique de voyage et un itinéraire à pied dans l’arrondissement de Suginami, à l’ouest de Tokyo. Il suit cinq lieux de l’ancienne ville de Wadahori: un bois sacré où reposent des tombes de l’époque Yayoi, un temple de pèlerinage, l’emplacement d’une poudrière, un cimetière venu du centre de la capitale et la route qui recouvre une conduite d’eau. À la fin, vous saurez ce que cache un quartier ordinaire, et vous aurez un chemin pour le parcourir.

Dans ce quartier de Tokyo, il existe une route qui ne tourne pas.

La ville est faite de courbes : ses rues ont suivi le relief du plateau et celui des rivières qui l’ont creusé. Celle-ci s’étire en ligne droite sur environ sept kilomètres et demi, à partir d’un point voisin de l’ouest d’un temple. Sous l’asphalte, une conduite de 1,1 m de diamètre transporte l’eau du fleuve Tama vers le nord.

La route suit le tuyau ; elle n’a pas d’autre logique. Ce tracé porte le nom d’un syndicat de treize villes qui n’existent plus séparément, et l’une d’elles s’appelait Wadahori. Elle a duré six ans.

Un nom de six ans

En 1889, quatre villages (Wada, Horinouchi, Izumi et Eifukuji) fusionnent en un seul, Wadahorinouchi. Le 1er juillet 1926, il devient une ville (machi) et abrège son nom en Wadahori. Le 1er octobre 1932, la municipalité de Tokyo absorbe quatre-vingt-deux communes voisines et les redistribue en nouveaux arrondissements. Wadahori, Suginami, Igusa et Takaido forment l’arrondissement de Suginami, et le nom disparaît de la carte administrative.

« Wadahori » ressemble à un nom fabriqué à la manière de l’ère Meiji : Wada plus Horinouchi, raccourci. Izumi et Eifuku n’y figurent pas. C’est une déduction tirée des documents ; il faudra la confronter aux histoires locales avant de l’affirmer.

Le nom s’en va, le sol demeure. Voici cinq choses que l’on a demandé à ce sol de garder.

1. Ōmiya : les tombes avant le dieu

Au-delà de la porte nord du sanctuaire d’Ōmiya Hachimangū (大宮八幡宮), un chemin longe la rivière Zenpukuji. Une borne de pierre et un panneau y sont placés, intitulés « Site d’Ōmiya ».

En 1969, des fouilles sur l’ancien terrain du sanctuaire ont mis au jour trois tombes carrées entourées d’un fossé, de la fin de la période Yayoi. Elles contenaient des poteries peintes en rouge, des magatama (pendeloques en forme de virgule) et de minuscules perles de verre. En face, de l’autre côté de la rivière, le site de Matsunoki a livré des habitations de la même époque ; les chercheurs en ont conclu que les défunts appartenaient à l’élite de ce hameau. Les objets ont été classés bien culturel de l’arrondissement en 1982.

Aucun texte ne donne le nom de cette personne. On sait seulement qu’on l’a couchée, avec les parures qu’elle portait, dans un fossé à quatre côtés.

Le sanctuaire lit le site ainsi : les tombes coïncident presque avec l’ancien emplacement du sanctuaire ; une vénération déjà ancienne du lieu aurait conduit à la fondation. C’est l’interprétation du sanctuaire. Plusieurs siècles séparent les tombes de l’an 1063, et aucun document ne prouve que le fil n’a pas été rompu.

0:00
/1:22

The Buried Chiefs Of Tokyo S Samurai Shrine

Le récit d’origine propre au sanctuaire relève d’un autre type de témoignage : la tradition. Elle raconte que Minamoto no Yoriyoshi et son fils Yoshiie, de retour de la guerre de Neuf Ans, virent des nuages blancs flotter comme huit bannières et y lurent un signe de la faveur du dieu Hachiman. En remerciement, en 1063, ils y installèrent une part de la divinité venue du sanctuaire d’Iwashimizu, à Kyōto. (Hachiman peut se lire « huit bannières ».) C’est une légende, non un fait établi.

Ce qui se vérifie vient plus tard : un document conservé à Kumano Nachi Taisha mentionne en 1362 la visite d’un prêtre d’Ōmiya, et une tuile de l’époque de Kamakura a été trouvée dans l’enceinte. Au XIVe siècle, le sanctuaire n’est plus seulement une histoire.

Vient ensuite la Restauration de Meiji et la séparation forcée du shinto et du bouddhisme. Le temple bouddhique attaché au sanctuaire, Ōmiya-ji, est supprimé et, selon une source touristique, quelque 35 000 tsubo (unité japonaise, environ 3,3 m²) passent à l’État (chiffre à vérifier). Il en reste environ 15 000, ce qui fait encore la troisième plus vaste enceinte de sanctuaire des vingt-trois arrondissements. Une pagode de pierre du temple disparu se dresse aujourd’hui à Horinouchi 1-chōme, loin du sanctuaire qu’elle servait, protégée par l’arrondissement.

Le bois a été classé monument naturel en octobre 1933, et la zone paysagère de Wadahori a été délimitée en janvier de la même année.

Holographic Sensory Cue : On ne consigne ici que ce qui s’observe aujourd’hui ou ce qui est documenté ; ce qu’entendaient et voyaient les hommes de l’époque Yayoi ne peut être su, et rien n’est imaginé pour eux. Derrière le bâtiment principal dominent les cyprès hinoki, parmi des camphriers, des chênes à feuilles persistantes et des cerisiers Yoshino, d’après le panneau métropolitain. Passée la porte nord, le sentier longe la rivière à travers le parc ; une source touristique compte environ 700 cerisiers sur la berge. Le terrain est bas ; quand la rivière débordait, l’eau y formait des mares (plan du parc, gouvernement métropolitain de Tokyo). L’étang actuel est artificiel : il a été creusé lors des travaux sur la rivière dans les années 1950.

2. Horinouchi : un chemin pour conjurer le mauvais sort

En 2007, une fouille dans ce qui est aujourd’hui le campus de l’université Joshibi a livré un bol portant les kana shigaraki. L’arrondissement le rattache aux maisons de thé et aux gargotes du chemin de pèlerinage vers le Myōhōji (妙法寺). (Le texte explicatif disponible est incomplet ; le lien reste à confirmer.)

Un bol mène à un chemin.

On l’appelait le chemin de Horinouchi, ou chemin du Myōhōji. Il quittait la route d’Ōme à Nabeya Yokochō, à Nakano, pour gagner le temple dans le village de Horinouchi. Le panneau de l’arrondissement ajoute qu’il marquait aussi la limite entre les villages de Wada et de Kōenji.

Selon la tradition du temple, il fut d’abord un couvent de nonnes de la secte Shingon. Sous l’ère Genna (1615-1624), un moine nommé Nichikei le convertit à la secte de Nichiren à la mémoire de sa mère, et le moine fondateur, Nichien, serait mort en 1621. C’est la tradition du temple, difficile à vérifier point par point.

Ce qui l’a rendu célèbre, c’est une statue. En 1698, le Hokke-ji de Himonya (à Meguro ; aujourd’hui Enyū-ji) est contraint de quitter la secte de Nichiren, et sa statue de Nichiren est transférée au Myōhōji. Dès lors, elle attire les gens d’Edo comme le « Fondateur qui écarte les calamités » (yakuyoke Soshi). Une autre tradition veut que le disciple Nichirō l’ait sculptée dans un tronc sacré échoué sur la plage de Yuigahama après l’exil de Nichiren à Izu en 1261. Tradition, non preuve.

La conversion forcée d’un temple a donc fait la fortune d’un autre. L’histoire avance parfois ainsi.

0:00
/1:10

Tokyo S Hidden Prehistoric Graveyard Shrine

Quant aux pèlerins, l’arrondissement rappelle que l’Edo meisho zue comparait l’affluence à celle du Kannon d’Asakusa, et que les shōguns Ienari et Ieyoshi auraient fait halte dans le cabinet de travail du temple. Un médecin d’Edo a noté dans un essai qu’entre Shinjuku et la porte du temple s’alignaient des centaines de maisons de thé et de restaurants. Hiroshige a dessiné ce pèlerinage à l’ère Tenpō.

C’était un chemin que l’on suivait pour chasser le malheur, bordé de lieux où manger et boire. Dévotion et plaisir partageaient la même route, sans frottement apparent. C’est une interprétation ; c’est peut-être ainsi que les gens d’Edo concevaient une journée hors de la ville. La pièce classique de rakugo « Horinouchi » se déroule pendant ce pèlerinage.

Le temple conserve aujourd’hui une porte de fer classée bien culturel national et, classés par Tokyo, la salle du Fondateur, le cabinet de travail et la porte des Rois gardiens.

3. La poudrière : du shogunat au campus

Revenons au talus, près de la porte de l’université Meiji.

Dans les années 1750, le shogunat installe ici le dépôt de salpêtre et de poudre d’Izumi-shinden : environ 18 896 tsubo (quelque 62 000 mètres carrés) et cinq entrepôts. Trois officiers de poudre y résidaient à tour de rôle, d’une année sur l’autre. La garde et les corvées incombaient à seize villages voisins, qui envoyaient chaque fois trois hommes, de jour comme de nuit.

La sûreté du dépôt reposait, autrement dit, sur le travail des paysans.

À la Restauration de Meiji, les forces impériales s’en emparent. On dit que ses munitions servirent contre le Shōgitai à Ueno et dans les campagnes du nord (on dit ; non confirmé). Le site passe ensuite du ministère de la Guerre à l’Armée, sous le nom de Poudrière d’Izumi-shinden, gardée par un régiment d’infanterie d’Azabu, puis ferme à la fin de l’ère Taishō.

Jusqu’à la fin de Meiji, la poudrière était entourée de taillis et de zélkovas, où vivaient, disait-on, des renards et des tanukis, et où couraient des histoires de voyageurs ensorcelés. C’est une tradition locale. Elle dit surtout comment l’on parle d’une terre dont l’accès est interdit.

0:00
/1:27

From Gunpowder To Graduates

Le chemin de fer a gardé le mot. La ligne Keiō ouvre ici une gare en 1913 sous le nom de Kayakuko-mae (« devant la poudrière »), la rebaptise Matsubara, puis en 1935 Meidaimae, « devant l’université Meiji ». L’aqueduc Tamagawa longeait le site ; près de la porte de l’université, on voit encore la trace d’un pont.

En 1930, l’université Meiji achète le terrain pour ses cours préparatoires, l’utilise d’abord comme terrain de sport et ouvre le campus en 1934. La même année, 1930, le Tsukiji Hongwanji acquiert une autre partie de l’ancienne poudrière pour en faire un cimetière.

Un terrain qui avait gardé les moyens de détruire se partage entre une université et un cimetière.

4. Le cimetière qui a suivi la ville

Le cimetière de Wadahori du Tsukiji Hongwanji (築地本願寺和田堀廟所) se trouve à Eifuku 1-chōme, contre l’ancien terrain de la poudrière.

Le 1er septembre 1923, les incendies qui suivent le grand séisme du Kantō détruisent le Tsukiji Hongwanji et ses cinquante-sept temples annexes. Le bâtiment principal est reconstruit à sa place. Les tombes, elles, ne peuvent rester. Lorsque les terrains de l’ancienne poudrière du ministère de la Guerre sont mis en vente, le temple dépose sa demande en 1929, obtient la propriété en 1930 et nomme le lieu cimetière de Wadahori, d’après l’endroit : environ 12 000 tsubo, présenté comme un cimetière moderne, de type parc, avec vue sur le mont Fuji.

Ce n’est pas un cas isolé. Le sismologue Takemura Masayuki constate que la reconstruction de Tokyo a provoqué le plus grand déménagement de temples depuis le Grand Incendie de 1657, environ 270 ans plus tôt. Des branches du Tsukiji et du Asakusa Hongwanji en faisaient partie.

0:00
/1:03

Tokyo S Evicted Dead

Tsukiji est d’ailleurs une terre gagnée sur la mer. Après l’incendie de 1657, le shogunat donne au temple un bras de mer peu profond à combler. Des pêcheurs de Tsukuda et d’Ōwada, dans la province de Settsu (près de l’actuelle Ōsaka), amenés à Edo sur ordre du shōgun et qui avaient déjà bâti l’île de Tsukudajima en 1644, aidèrent à le remblayer. Dans le cimetière de Wadahori, il y a aujourd’hui un terrain pour les familles de Tsukudajima et une pierre qui dit d’où venaient trente-trois de leurs ancêtres.

Une ligne relie un village de pêcheurs près d’Ōsaka, le rivage d’Edo, la ville du séisme et une poudrière de l’armée dans la banlieue ouest, et elle s’achève dans un cimetière.

Parmi les autres défunts, le panneau de l’arrondissement cite Higuchi Ichiyō (樋口一葉), Kujō Takeko, Kaionji Chōgorō, Koga Masao, Mizutani Yae et Hattori Ryōichi. Ichiyō est morte le 23 novembre 1896, à vingt-quatre ans. Un ancien compte rendu de visite à sa tombe (non daté ; l’état actuel est à vérifier) indique que la pierre porte l’inscription « tombe des ancêtres de la famille » et que son nom bouddhique posthume n’apparaît que sur un côté ; il ajoute qu’une douzaine de personnes seulement assistèrent aux funérailles.

Le 25 mai 1945, un bombardement incendiaire détruit tous les bâtiments du cimetière. Un pavillon provisoire sert jusqu’à la reconstruction du bâtiment principal en 1953.

5. Tuyaux, rails et un nom qui s’efface

La dernière histoire n’a pas de personnage.

La ville de Tokyo lance en 1913 sa première extension du réseau d’eau. En 1924 (année budgétaire), la première phase avait produit, entre autres ouvrages, la station de traitement de Sakai, une conduite entre Sakai et Wadahori et le réservoir de Wadahori. Après le séisme, les fonds de reconstruction ont accéléré cette conduite, achevée en 1928, et l’ensemble du programme ne s’est terminé qu’en 1936.

Le nom « Wadahori » était donc inscrit dans le réseau d’eau de Tokyo deux ans avant que la ville n’existe.

Après le séisme, treize villes, dont Wadahori, forment le Syndicat des eaux d’Arakawa-Tama. L’eau est prise dans le fleuve Tama, filtrée à Kinuta et envoyée vers le nord par environ 17 kilomètres de conduite de 1,1 mètre. La route qui la recouvre file droit sur quelque 7,7 kilomètres depuis un point proche de l’ouest du Myōhōji. Pour protéger le tuyau, les véhicules lourds y sont interdits.

C’est pourquoi, dans un quartier de courbes, on trouve une route qui ne tourne jamais.

0:00
/1:24

Le chemin de fer est arrivé le dernier. En janvier 1933, la compagnie prend le nom de Teito Electric Railway (teito : « la capitale impériale »), l’extension de 1932 ayant fait de son tracé de banlieue une partie de la capitale. Le 1er août 1933, le tronçon Shibuya–Inokashira-kōen ouvre, avec Eifukuchō et Nishi-Eifuku parmi les stations nouvelles. Les terrains traversés étaient en grande partie vierges et les comptes mauvais. À Meidaimae, le passage supérieur de 1933 a laissé la place d’une ligne circulaire, la « seconde Yamanote », qui ne fut jamais construite.

En novembre 1931, le bureau temporaire d’extension de Tokyo rédige des rapports sur les villes qu’il va absorber. Wadahori en fait partie (ce volume reste à localiser).

En 1932, la ville s’achève. Le nom, non : la zone paysagère de janvier 1933, le cimetière, la station de distribution d’eau et le parc de Wadahori (prévu en 1957, ouvert le 1er août 1964) l’ont conservé.

Un souvenir de famille de la fin de la guerre, témoignage d’une seule personne et non constat officiel, rapporte que des bombes incendiaires visées sur l’installation d’eau de Wadahori sont tombées sur Izumi le 25 mai 1945 et ont brûlé la maison de l’auteur à Hōnan-chō. La famille a survécu parce que la mobilisation et l’évacuation l’avaient dispersée.

Hachiman, le Fondateur et la Terre pure : les strates de la foi à Wadahori

Une première précision sur le cadre lui-même : aucune cosmologie autochtone n’est documentée pour ce plateau. Ce que croyaient les hommes de l’époque Yayoi est inconnu, et tout ce qu’on en dirait serait conjecture. Ce texte n’en propose aucune.

Les cadres documentés sont plusieurs, et ils se superposent :

  • Le culte de Hachiman (syncrétisme shinto-bouddhique). Ōmiya Hachimangū prolonge la vénération de Hachiman par les guerriers du clan Seiwa-Genji, et jusqu’à la séparation des religions de l’ère Meiji, le sanctuaire avait un temple bouddhique attaché. Hachiman est un dieu guerrier devenu ensuite protecteur des naissances, des enfants et de l’éloignement des calamités. L’institution est documentée ; le récit de la fondation en 1063 est tradition.
  • Le bouddhisme de Nichiren et l’idée de yakuyoke. La statue du Fondateur du Myōhōji attirait les pèlerins parce que les gens d’Edo croyaient qu’elle détournait le malheur. Cette croyance est documentée ; elle explique pourquoi un couvent de campagne est devenu une destination de citadins. Une stèle de 1451 pour l’attente de la lune, gravée de l’invocation de Nichiren et conservée à Suginami, montre que ses fidèles ont absorbé des pratiques populaires (le lieu de découverte n’est pas indiqué). À Eifukuji se dresse un monument à cinq anneaux du culte kōshin, daté de 1646. Ces petites dévotions du peuple côtoient les grands temples.
  • La mémoire Jōdo Shinshū. Le cimetière de Wadahori appartient à la branche Hongwanji de cette école. Dans la compréhension habituelle de cette tradition, les défunts sont accueillis dans la Terre pure d’Amida ; la tombe est le lieu où les vivants se souviennent, non celui où le mort demeure (à confirmer auprès d’une source du Hongwanji avant de s’appuyer sur cette formulation).

Deux affirmations modernes doivent être nommées comme telles. Appeler Ōmiya Hachimangū « le nombril de Tokyo » relève du langage promotionnel, et les apparitions de « petits vieux » dans son enceinte, de la légende urbaine. Elles montrent comment on parle aujourd’hui du lieu ; elles ne sont pas des preuves historiques.

Comme aucune cosmologie propre ne couvre l’ensemble du quartier, le cadre qui traverse les cinq histoires est laïque : la géographie de la mémoire, qui demande comment un nom administratif disparu continue de s’attacher à ce qui reste.

Nœud de résonance

Nœud de résonance : le panneau « site du dépôt de salpêtre » et le talus qui le porte

Si vous n’avez le temps que d’un seul lieu, allez à la porte principale du campus d’Izumi de l’université Meiji.

S’y superposent le dépôt du shogunat, la poudrière de l’Armée, le séisme de 1923, la vente de 1930, le campus de 1934 et, à côté, le cimetière qui a accueilli les morts de Tsukiji. Personne n’a décidé tout cela. Ces couches sont venues se poser, l’une après l’autre, contre le même talus.

Un second nœud est la borne du « site d’Ōmiya », hors de la porte nord d’Ōmiya Hachimangū. Les fouilles ont été rebouchées ; une partie des objets est exposée dans la salle Seiryōden du sanctuaire.

Conclusion : la terre mise en réserve

Regardées ensemble, les cinq histoires dessinent une figure. Wadahori a été maintes fois prêtée à des besoins extérieurs, pour garder ce qu’une ville ne pouvait ni poser ni avoir près d’elle : une terrasse sacrée, un chemin de guérison, de la poudre, les morts, puis l’eau et les navetteurs. Les villageois n’y apparaissent guère que comme main-d’œuvre, comme tenanciers de maisons de thé et comme métayers du domaine d’un vassal.

Cette figure se voit après coup. Ce ne fut le plan de personne, à aucune époque. Les tombes d’Ōmiya appartenaient à une communauté locale, non à un pouvoir extérieur, et d’autres banlieues de Tokyo ont accueilli des installations semblables. Ce qui revient en propre à Wadahori, c’est la séquence : poudre, puis tombes, puis campus, sur une même parcelle, à l’intérieur d’une ville qui a duré six ans.

Que devient un lieu que l’on garde pour les besoins des autres ? Et quand un nom survit à sa ville, que garde-t-il ?

À Ōhara 2-chōme, dans l’arrondissement de Setagaya, une installation d’eau s’appelle encore Wadahori. L’adresse appartient à Setagaya ; le nom, à une ville qui n’existe plus.

Sous la route, le tuyau. La route ne tourne pas. Les poids lourds n’y passent pas. L’eau, si.

Si vous souhaitez recevoir la prochaine histoire cachée dans votre boîte de réception, vous êtes le bienvenu dans notre lettre d’information.

Accéder au nœud physique

Les informations suivantes proviennent de listes touristiques et officielles. Vérifiez les conditions actuelles avant de partir.

  • Itinéraire proposé : depuis la gare de Meidaimae (lignes Keiō et Inokashira), allez d’abord au panneau du dépôt de salpêtre, près de la porte principale du campus d’Izumi de l’université Meiji. Marchez ensuite jusqu’au cimetière voisin de Wadahori du Tsukiji Hongwanji (Eifuku 1-8-1). Terminez à la gare de Nishi-Eifuku, à environ sept minutes à pied d’Ōmiya Hachimangū (Ōmiya 2-3-1).
  • Ōmiya Hachimangū : les horaires des portes sont indiqués 6 h–18 h (jusqu’à 17 h d’octobre à mars). Le sentier devant la porte nord mène au parc de Wadahori, d’accès libre. La borne du « site d’Ōmiya » est hors de la porte nord.
  • Musée local de Suginami : Ōmiya 1-20-8, contre le parc de Wadahori ; horaires indiqués 9 h–17 h ; entrée adulte indiquée à 100 yens (à revérifier).
  • Myōhōji : Horinouchi 3-48-3. Un ancien dépliant métropolitain indique environ 15 minutes à pied depuis la gare de Higashi-Kōenji, ou environ 3 minutes depuis l’arrêt de bus Horinouchi. Le panneau du chemin de pèlerinage est à Wada 3-10-1, et la route droite de l’eau commence près du côté ouest du temple.
  • Respect au cimetière : le cimetière de Wadahori est toujours en usage. Respectez les tombes privées. Les horaires n’ont pas été confirmés ; renseignez-vous auprès du temple.
  • Où loger : l’itinéraire n’exige pas de nuit sur place. Pour séjourner à proximité, Shibuya ou Shimokitazawa, sur la ligne Inokashira, sont commodes.

💡 Q & A

Q1 | Combien de temps Wadahori-machi a-t-il existé en tant que district administratif à Tokyo et pourquoi a-t-il disparu des cartes officielles ? (Évolution historique et fusion municipale de Wadahori-machi)

A:Wadahori-machi n'a existé en tant que bourg administratif indépendant que pendant six ans. Formé en 1889 par la fusion de quatre villages — Wada, Horinouchi, Izumi et Eifukuji —, il a été élevé au rang de bourg le 1er juillet 1926, son nom étant alors abrégé en « Wadahori ». Cependant, le 1er octobre 1932, la ville de Tokyo a annexé quatre-vingt-deux municipalités environnantes, regroupant Wadahori-machi avec Suginami, Iogi et Takaido pour former l'arrondissement de Suginami. Par conséquent, le nom du bourg a officiellement disparu des cartes administratives pour ne subsister que dans les archives historiques.

Q2 | Quel est le lien historique entre les vestiges de la période Yayoi et la fondation légendaire du sanctuaire Omiya Hachimangu ? (Analyse historique des ruines d'Omiya et de la légende du clan Minamoto)

A:Des fouilles menées au sein d'Omiya Hachimangu ont mis au jour des tombes à fossés circulaires et du mobilier funéraire de la fin de la période Yayoi, prouvant que la zone était habitée bien avant la fondation du sanctuaire. Bien que la tradition du sanctuaire relie cet espace sacré ancestral à son origine, il n'existe aucune preuve documentaire continue reliant les sépultures Yayoi à l'établissement du sanctuaire en 1063. La légende fondatrice attribue sa création à Minamoto no Yoriyoshi et Yoshiie après avoir aperçu des nuages blancs évoquant huit étendards de bataille. Les archives documentaires confirment son existence dès 1362 grâce aux documents de Kumano Nachi Taisha, tandis que les décrets de séparation entre shintoïsme et bouddhisme (Shinbutsu-bunri) sous l'ère Meiji ont démantelé son temple bouddhiste adjacent, Omiya-ji.

Q3 | Comment l'entrepôt de poudre à canon et le cimetière de Tsukiji Honganji situés près du campus Izumi de l'Université Meiji ont-ils vu le jour ? (Dépôt de salpêtre, mausolée Wadahori de Tsukiji Honganji et transformation militaire)

A:Un talus en terre situé à côté du campus Izumi de l'Université Meiji porte un panneau indiquant « 塩硝蔵地跡 » (site de l'entrepôt de salpêtre), marquant l'emplacement où le shogunat Tokugawa, puis l'armée impériale, stockaient la poudre à canon. À la suite du séisme dévastateur de Kantō en 1923 et de la restructuration urbaine qui s'ensuivit, le vaste cimetière du temple Tsukiji Honganji fut contraint de déménager, établissant ainsi le mausolée Wadahori de Tsukiji Honganji dans cette zone. La coexistence d'installations militaires, de cimetières et de campus universitaires modernes illustre de manière frappante l'histoire entrelacée de la défense militaire de Tokyo, des déplacements religieux et de l'expansion urbaine rapide.


Vous souhaitez suivre les itinéraires historiques que j'ai sélectionnés directement depuis votre téléphone pendant votre promenade ? Cliquez pour rejoindre la carte exclusive d'itinéraires historiques sur Google, intitulée « Historical Travel Stories » : importez-la dans Google Maps sur votre téléphone en une seule touche et laissez-vous guider lors de vos visites sur place.
【Historical Travel Stories】World Deep History Itinerary & Spatial Investigation Map - Google My Maps
This map indexes our boots-on-the-ground historical investigations. Click on any pin to uncover forgotten urban legends, spatial power structures, and deep cultural memory. Unlock full investigations and bilingual audio podcasts by subscribing for free at: lawrencetravelstories.com

🗺️Références et suite de la lecture📖

Première strate – Principales sources de littérature et institutions :

La deuxième couche – les ressources académiques secondaires :

Troisième couche – Informations complémentaires :



💡
Où irez-vous ensuite ?
Tokyo Historical Travel Stories: Castles, Old Towns & Legends
Explore Tokyo through historical travel stories and guides. Discover castles, old towns, rivers and local legends across the country.
Japan Historical Travel Stories: Castles, Old Towns & Legends
Explore Japan through historical travel stories and guides. Discover castles, old towns, rivers and local legends across the country.

Where to Go: Historical Travel in Japan, Hong Kong & Taiwan
Discover where to go for historical travel. Explore stories and guides from Japan, Hong Kong and Taiwan, more destinations like the UK and Korea coming soon.


© Historical Travel Stories

Disclosure: This site uses affiliate links from Travelpayouts and Stay22. I may earn a commission on bookings at no extra cost to you.